➔ LITTÉRATURE

Nietzsche Penseur intempestif

> > Nietzsche Penseur intempestif ; écrit le: 3 mai 2012 par imen

Merci d’être différent

Philosophe du risque et de la contestation radicale de notre civiljJI tion, Nietzsche nous aurait bien déçus s’il avait développé tout cela  en un petit système philosophique bien rangé et propre sur lui.

En intitulant « Considérations intem- ‘ pestives » l’un de ses premiers livres, I il se place lui-même à contretemps de son temps, et de tous les temps, décalé, dérangeant, et pour une fois ce n’est pas une pose, une attitude littéraire.

Ecrire une poésie philosophique

Pour commencer, Nietzsche écrit l’allemand comme personne avant lui et personne après. Il crée sa langue, avec une inventivité, un sens des sonorités et des rythmes, qui font de lui plus qu’un écrivain : un poète. De plus en plus souvent, d’ailleurs, il donne à ses textes une forme, puis un contenu, pure­ment et simplement poétique.

Sa forme d’expression la plus adéquate est l’aphorisme : texte court, sur un seul point, souvent brutal et souvent imagé, parfois limpide, parfois voilé de mystère ou d’obscurité. Puis on saute à un autre aphorisme, sans souci de bâtir une « doctrine » cohérente, sans souci de gérer son système philosophique comme un portefeuille d’actions à faire fructifier. Rares sont les philosophes d’une telle liberté d’écriture, et aucune expérience de lecture ne se compare à la lecture de Nietzsche.

Pour lui, les mots travestissent toujours la vie et la réalité. Il faut donc leur faire violence pour pouvoir s’exprimer, pour que le lecteur comprenne au-delà des mots. Exactement comme les significations de la musique sont au-delà des notes,et Nietzsche comprend profondément la musique (il joue très bien et il compose).Philosophe poète et musicien, parce que penser c’est interpréter et évader, c’est donc créer.

Philosophie du soupçon

Mais forme artistique ne veut pas dire, avec Nietzsche, harmonie et Mélodie en tout cas pour la philosophie. Son texte est le plus souvent heurté, difficile à interpréter, fragmenté en éclats de sens difficiles à relier entre eux et parfois contradic- toires. C’est pour que le lecteur se méfie, qu’il ne s’endorme pas, qu’il se secoue un peu

Car Nietzsche invente une forme de contestation plus radicale que le choc idéologie contre idéologie : le soupçon.Toute prétention à la vérité, à la morale, à la valeur, au pouvoir… mérite qu’on la soupçonne, qu’onforme artistique ne veut pas dire, avec Nietzsche, harmonie et Inélodie en tout cas pour la philosophie. Son texte est le plus souvent heurté, difficile à interpréter, fragmenté en éclats de sens difficiles à relier entre eux et parfois contradic- toires. C’est pour que le lecteur se méfie, qu’il ne s’endorme pas, qu’il se secoue un peu.forme artistique ne veut pas dire, avec Nietzsche, harmonie et Inélodie* en tout cas pour la philosophie. Son texte est le plus souvent heurté, difficile à interpréter, fragmenté en éclats de sens difficiles à relier entre eux et parfois contradic- toires. C’est pour que le lecteur se méfie, qu’il ne s’endorme pas, qu’il se secoue un peu.

cherche si quelque manipulation, quelque bas instinct, n’y serait pas dissimulé. Qu’on cherche quels sont les instincts primitifs de la vie qui s’y expriment et s’y déguisent.

La qualité principale du philosophe est la puissance perforatrice de son soupçon. Fini le règne de la confiance, des bonnes paroles, des sages conventions, des placards qu’on préfère ne pas ouvrir. La philosophie est maintenant intempestive par vocation, à contre­temps de toute doctrine. Spécialisée dans les choses qui fâchent.

Philosopher au marteau

Changement radical des métaphores, aussi. L’instrument philoso­phique par excellence est le marteau, je suis le philosophe au Marteau dit Nietzsche. Deux usages en sont possibles :

Un petit coup sec, presque affectueux, marque le passage du penseur, comme un salut, et permet de repérer tout ce qui sonne creux, tout ce qui trahit son vide intérieur au premier coup de marteau.

La sainte colère philosophique, qui se laisse aller à la joie de détruire les idoles, lorsque quelques coups bien placés suffisent Pour détruire les faux dieux philosophiques, artistiques, moraux ou religieux.

Vidéo : Penseur intempestif

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Penseur intempestif

← Article précédent: Nietzsche Flirt avec l’extreme Article suivant: Nietzsche La supériorité des Grecs


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles