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Nietzsche Flirt avec l’extreme

> > Nietzsche Flirt avec l’extreme ; écrit le: 3 mai 2012 par imen

Prés-peste

Avec Friedrich Nietzsche commence en philosophie le problème! agaçant mais inévitable de la « culpabilité allemande ».

Trêve de rhétorique moralisatrice,! d’accord, mais tout ce qui dans la culture allemande a été réutilisé par le folklore culturel nazi, même à contresens, reste dérangeant. Donc un peu de circonspection, donnons aux écrits volontairement excessifs et provoquants de Nietzsche une signification philosophique et pas idéologique. Nietzsche lui-même était scandalisé que sa pensée soit utilisée par les courants pangermanistes et antisémites de son temps, qu’il méprisait.

La sœur et le beauf…

La sœur de Nietzsche, Elisabeth, a épousé l’un des théoriciens de l’antisémitisme, au grand désespoir de Nietzsche. À sa décharge, ¡1 faut reconnaître qu’Elisabeth prendra soin de Nietzsche pendant les années de démence, à la fin de sa vie. Mais elle en profite pour s’emparer des droits moraux sur son œuvre, et en trafiquant les textes elle diffuse un Nietzsche mis au service de l’idéologie brune. Nietzsche n’est pas responsable de ces infamies posthumes.

La pensée qui rend fou ?

Nietzsche est malade, de la syphilis, qui atteint le système nerveux et évolue en maladie psychiatrique. À partir de janvier 1889, il est clini­quement fou, délirant, il signe « le Crucifié » (ou « l’Antéchrist ») et explique aux passants qu’il est Dieu (ou Dionysos).

Essayer de démêler dans la pensée de Nietzsche ce qui relève de la maladie et ce qui serait « normal », voilà une idée particulièrement mauvaise. Car Nietzsche est de part en part un penseur de l’extrême, il flirte avec la déraison à chaque page, sa pensée bouleverse nos catégories du normal et du pathologique. Il s’est voulu ainsi, il doit être compris ainsi.

Jusque-là tous les philosophes ont été platoniciens, idéalistes, dégoulinants de morale et de religion. Ça va changer annonce Nietzsche, on ouvre les fenêtres en grand. Tant pis pour les dégâts, tant pis pour les bibelots incapables de résister au grand courant d’air de la vie, tant pis même si rien n’y résiste.

Peut-être bien que la personnalité psychologique de Nietzsche n’était Pas capable de résister à ce qu’il a essayé de penser, une contestation absolument radicale de notre civilisation. De cette pensée qu’il conce- vait comme une expérimentation, dangereuse, il aura été la première V|ctime. Au moins aussi émouvant dans sa folie que dérangeant dans Ses excès les plus douteux.

 

Vidéo : Flirt avec l’extreme

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