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Platon La cité idéale

Vous êtes ici : » » Platon La cité idéale ; écrit le: 28 avril 2012 par imen

Platon La cité idéaleSocrate, impressionnant

Revenons aux origines. Condamné à mort, Socrate va être obligé de boire un poison, la ciguë. Mais ses amis ont organisé son évasion et viennent le chercher. Socrate refuse de les suivre et explique pour­quoi, en imaginant une apparition des Lois de la Cité qui s’adressent à lui : « Lorsque nous te nourrissions et te protégions, tu n’as jamais songé à te séparer de nous, tu n’as jamais contesté la justice de la Cité. Après une vie entière d’acceptation, tu te parjures si tu fuis. ».

Injustement condamné et il le sait, Socrate estime pourtant, vis-à-vis d’un ordre supérieur, celui de l’âme, de la vérité et de la justice, qu’il doit respecter la Loi qui le condamne.


Pour Platon, l’attachement à la Cité est inconditionnel, l’appartenance à une communauté politique n’est pas une question de calcul de son intérêt. La Loi doit transcender tout intérêt, afin que nous nous y soumettions même si nous avons la certitude d’une injustice.

Ce règne absolu de la loi est impres­sionnant dans l’épisode de la mort de Socrate, même s’il prend une tour­nure totalitaire dans ses consé­quences chez Platon.

Les philosophes au pouvoir !

Au départ, il s’agit d’un terrible effet pervers de la mort de Socrate, le meilleur des philosophes condamné par la Cité démocratique. Pour éviter cela, Platon conçoit un monde où les philosophes seront rois, ou bien les rois philosophes, ce qui revient au même. Mais c’est en même temps l’invention du totalitarisme.

Si le Bien est une connaissance, ceux qui savent doivent gouverner en fonction de leur savoir, et doivent tout gouverner. Le remède poli­tique unique, pour Platon, est que la Cité soit inconditionnellprr.o~+ gouvernée Dar iv

La hilosophie, exercice de contestation et de modestie avec Socrate, est devenue le savoir absolu qui autorise le pouvoir absolu. Au nom d’une pensée où l’essentiel se trouve dans l’intelligible, auquel seuls les philosophes ont accès.

Potentiellement dangereux

La Cité idéale selon Platon compte trois classes : Dirigeants, Gardiens et Travailleurs. Nous connaissons déjà les Dirigeants, ce sont les philosophes, et on imagine très bien ce que vont être lesTravailleurs.

Les Gardiens, eux, sont le pivot du système, les détenteurs de la force. Il sont éduqués pour remplir cette fonction. L’invention du totalitarisme repose hélas sur la même base que celle de l’humanisme : tout dépend de l’éducation. Leur sélection se fait par leur dévouement à l’État, qu’ils doivent démontrer à travers une succession d’épreuves. Ils vivent en communauté, sans posséder aucun bien en propre, sans avoir de femme et d’enfants particuliers non plus, afin qu’ils n’aient pas d’attachements ni de faiblesses, et afin que l’État puisse élever seul les enfants. Pour les citoyens autorisés à vivre en famille, l’État essaie secrètement d’organiser des mariages qui amélioreront les qualités de la race, et il existe un corps d’inspec­trices qui surveillent que les couples font tout ce qu’ils peuvent pour donner à l’État de nombreux enfants.

Dans les versions un peu différentes qu’il donne à cette Cité idéale, Platon n’oublie jamais d’insister sur les critères de séparation des classes, qui sont de véritables races, de nature différente, devant préserver et améliorer leurs qualités propres.

Toute ressemblance avec des États existants ou ayant existé serait… Préoccupante.

Vidéo : La cité idéale

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : La cité idéale

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