Platon La poète, divin et banni

> > Platon La poète, divin et banni ; écrit le: 28 avril 2012 par imen

Une voix divine

Pour Platon, la poésie n’a rien à voir avec une technique du langage : c’est une transe divine. Le poète est possédé par un dieu, qui s’xprime a travers lui.Il est un intermédaire entre le divine dans le monde humain

Cette possession divine est compa­rable à celle des oracles (la Pythie de Delphes par exemple).s’exprime à travers lui. Il est un inter­médiaire entre le divin et l’humain, une voix divine dans le monde humain.

Platon voit aussi dans l’amour une initiation, pour lui tout ce qu’il y a de plus divin en nous (l’amour et la poésie) s’apparente au délire, à l’enthousiasme, un mot qui veut dire en grec « transporté, emporté par les dieux ».

Pourtant la philosophie de Platon demande une soumission de toutes les facultés à la raison, une parfaite maîtrise de soi, de ses désirs et passions. Comment alors intégrer le délire divin ? Au prix d’une ambiguïté que Platon nous livre comme une énigme.

L’illusion artistique, non merci

Lorsqu’il édifie sa théorie de la Cité idéale, Platon détaille l’éducation qu’il convient de donner au citoyen.Tout ce qui contient autre chose que l’enseignement de la vérité doit en être exclu. Or les récits mytho­logiques, tous ces mythes où les dieux se disputent, se jalousent, agissent mal, etc., la poésie, l’art en général, présentent comme vraies des choses qui ne le sont pas. Donc interdits pour ne pas embrouiller les esprits.

Le poète exalte des apparences, donne de l’être à du non-être, par une technique qui est comparable finalement à celle du sophiste.

La Cité soucieuse de l’éducation de ses citoyens doit donc connaitre le talent du poète.

Politique ou poésie politique

Étant donné le culte de l’art dans le monde grec, étant donné que Platon identifie souvent le Beau et le Bien, étant donnée l’écriture d’une véritable poésie philosophique par Platon… on serait tenté de considérer sa théorie du régime politique autoritaire comme un aspect mineur, peut-être à ne pas prendre au premier degré.

Mais la vie de Platon nous indique que c’est impossible. Platon lui- même préfère le régime militarisé de Sparte à la démocratie athénienne. À plusieurs reprises, il a même essayé de mettre à exécution ses projets politiques, en devenant conseiller du Prince (le tyran de Syracuse, Denys).

Il a échoué à chaque fois.

Ambiguïté finale

Dans la culture grecque, le « poète » au sens le plus large, c’est tout créateur de beauté et de significations, pas seulement celui qui fait des vers, mais aussi le peintre, le sculpteur, le musicien, et l’écrivain philosophe, c’est-à-dire Platon lui-même.

En ce sens-là, aucun philosophe n’a jamais été plus poète que Platon. L’écriture géniale de ses dialogues, depuis les scènes comiques jusqu’aux grands mythes métaphysiques, en passant par des exem­ples limpides et des images qui restent comme gravées dans le marbre, tout cela est poésie philosophique. Donc en ce premier sens, parole divine, enthousiasme créatif et dépassement par les humains de leurs propres capacités. Mais en un second sens : artifice, faux- semblant, autre chose que la pure et simple vérité directement formulée, celle qu’on doit apprendre aux citoyens d’un monde idéal…

Platon philosophe gouvernant aurait chassé Platon poète philoso­phique.


 

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