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Platon La réalisme antique

Vous êtes ici : » » Platon La réalisme antique ; écrit le: 30 avril 2012 par imen

Platon La réalisme antiqueLa théorie des Idées, ça ne marche pas

J’aime Platon, affirme Aristote, mais j’aime encore plus la vérité.

Or les Idées imaginées par Platon pour expliquer les propriétés des objets sensibles (l’idée de Beauté pour expliquer les choses belles par exemple) ne servent à rien, si on y réfléchit en se demandant : l’idée est-elle présente dans la chose ou est-elle une entité réellement transcendante ? Si c’est une entité réellement transcendante, éter­nelle, elle ne peut avoir aucune fonction dans l’objet sensible chan­geant qu’elle est supposée expliquer — ce n’est pas en construisantun autre monde qu’on va expliquer celui-là. Si, à l’opposé, l’idée est présente dans l’objet sensible, elle n’est plus une réalité intelligible séparée, étudions donc l’objet sensible lui-même et nous trouve­rons tout ce qui y est présent et qui l’explique, sans avoir besoin de le transformer en « Idée » éternelle.


En prenant ainsi le contre-pied de l’idéalisme de Platon, Aristote fonde un réalisme.

Observons la Nature

Observons donc la réalité, c’est-à-dire la Nature, et pour Aristote en particulier les êtres vivants, la vraie nature, celle des arbres, des fleurs, des oiseaux, des poissons. Un immense système naturel où chaque être est parfaitement organisé pour atteindre ses propres objectifs, grandir, fleurir, voler, nager, s’alimenter et se reproduire, mourir en nourrissant une autre espèce.Tout a un sens, tout a un but. On les découvre en observant, minutieusement, rationnellement, vers le bas, vers la terre, ce monde sensible que méprisent les philo­sophes idéalistes.

 la connaissance de l’universel (exemple : tous les mulets sont stériles). C’est la méthode empiriste.

Aucun menuisier n’a jamais fabriqué de lit en contemplant l’idée du Lit en soi, mais en observant quelques lits, aucun sculpteur ne travaille en fixant la Beauté en soi, mais tel ou tel modèle. Ce n’est pas dans l’idée de Mulet qu’on observe sa stérilité.

Même en dehors des sciences de la nature

Observer la nature semble la seule méthode pour comprendre les êtres vivants et pour étudier ce que nous appelons « physique » (les transformations des corps, les événements du monde matériel). Mais en matière de morale et de politique, en matière de valeurs, nous pensons qu’il faut partir de principes, et pas tirer ses principes de la réalité. Aris- tote, lui, reste fidèle à son orientation de base : les pratiques morales effectives, les opinions et les actions politi­ques effectives, constituent une « expérience », des données d’expé­rience, qu’il faut rassembler, classer, cataloguer, pour en dégager des principes.

Toujours et partout c’est en partant de la réalité, d’une exploration méthodique de la réalité, que nous pouvons remonter à des prin­cipes.

Et le système des principes alors ?

H ne faut donc pas confondre chez Aristote :

–    sa théorie de la théorie parfaite, celle qui expose un système en le déduisant de principes et de définitions, comme en mathéma­tiques,

–    le travail de recherche des connaissances, dans tous les domai­nes où la réalité ne nous livre pas directement ses principes, c’est-à-dire… presque tous les domaines.

Chercher à comprendre et avoir une théorie parfaite sont deux choses

différentes.

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