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Platon Théorie du changement

Vous êtes ici : » » Platon Théorie du changement ; écrit le: 30 avril 2012 par imen modifié le 5 juillet 2018

Platon Théorie du changementLe mystère du changement

La philosophie grecque considère le changement comme au moins aussi fondamental que l’être. C’est de changements que le monde est composé, plus que d’êtres permanents et stables, ce sont les change­ments qu’il faut expliquer pour comprendre le monde, et particuliè­rement les vivants, qui ne sont que changement selon un principe interne.

Or rien n’est plus difficile à comprendre que le changement en lui- même : que l’être se mêle de non-être, que le non-être vienne à l’être, que l’être retombe dans le non-être…

Matière et forme

Aristote donne à la description du réel des catégories de base qui permettent de prendre en compte le changement, à partir de deux distinctions : matière/forme et acte/ puissance.

La matière est définie comme totale­ment indéterminée, c’est-à-dire qu’elle n’a aucune propriété. Elle est simplement un réceptacle de propriétés.

La forme est ce qui individualise une matière pour en faire une « subs­tance », dit Aristote, par exemple Socrate, ou cette fleur. Ce n’est donc pas simplement le contour spatial, c’est la nature métaphysique, quasiment la définition de la chose qui constitue sa forme au sens d’Aristote.

—  Il faut bien comprendre que matière et forme sont des outils d’analyse, relatifs : ce qui est forme à un certain niveau, par exemple le marbre dans sa distinction d’avec l’argile, est matière à un autre niveau, par exemple la statue d’Apollon en marbre (ou Apollon est forme  et le mabre matiére).

Prenons un ignorant et instruisons-le. La même substance demeure, la même  personne ou la même «matière» si on veut. Mais sa propriété , sa forme, a changé. Il est passé de non-instruit à instruit,  que par rapport à une forme (une propriété) qui serait « être instruit » il est passé de l’absence (Aristote dit la « privation ») de cette forme à sa présence.

Une première théorie du changement est donc due à la simple distinction, relative, de la matière et des formes qui peuvent s’y succéder.

Essayons maintenant d'instruire la chaise, qui elle aussi est « privée » de la forme être instruit. Là, le changement ne réussit pas. Bien sûr, explique Aristote, n'importe quoi ne peut pas devenir n'importe quoi, sinon ce n'est plus le changement c'est le chaos .

Seules certaines substances peuvent recevoir certaines formes, on peut dire qu'elles les possèdent en puis­sance. Un homme ignorant est instruit « en puissance », c'est-à-dire peut le devenir. Lorsqu'il s'instruit se produit un changement qui est le passage pour la forme « être instruit » du simple état de en puissance à l'état d'être en acte.

Résultat des opérations: la théorie aristotélicienne de la matière/ forme et de la puissance / acte explique le changement qualitatif des objets. Ce n'est pas rien, et on se demande même aujourd'hui si on ne devrait pas s'intéresser à nouveau à cette analyse.

Les genres du devenir

La notion de changement chez Aristote, souvent traduite par « mouvement », recouvre en fait toutes les formes du devenir, qui s organisent en deux groupes :

-     le changement radical (naissance ou disparition d'une chose) ;

-     les changements moins radicaux dont il existe trois sortes : 1) l'augmentation (et la diminution), 2) le changement qualitatif ou « altération », 3) le changement de lieu ou«mouvement».

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