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Platon Le sensible et l’intelligible

Vous êtes ici : » » Platon Le sensible et l’intelligible ; écrit le: 28 avril 2012 par imen

Platon Le sensible et l'intelligibleDéfinition de l’idéalisme

Sensible signifie accessible aux sens, à la sensation, donc la réalité matérielle, en gros.

Intelligible signifie accessible à l’intelligence, à l’âme, donc tout ce qui est de nature spirituelle, en gros.


La pensée de Platon est un idéalisme parce que ce sont les intelligibles qui expliquent l’origine des sensibles, et pas le contraire.

L’original et ses imitaions

Pour de nombreux penseurs, avant Socrate et Platon, la connaissance est immédiatement issue de notre contact avec la réalité matérielle. Donc elle est comme elle, chan­geante, relative. Cartout change sans cesse dans le monde sensible, il est un flux ininterrompu, chaotique même, un pur devenir comme disent les philosophes. Une apparence de beauté sur un visage, une appa­rence de justice dans une action, mais tout cela disparaît l’instant d’après — ou cent ans après, ce qui revient au même.

Pour Platon, ces images, reflets, apparences, sont des illusions des sens, des mirages, comparables au rêve et au délire.

La vraie réalité c’est le beau qui n’est que beau, l’essence du beau, qui rend possible toute beauté, le juste qui n’est que juste, et ainsi de suite. Ces réalités, appelées Idées, sont des êtres intelligibles, imma­tériels, accessibles seulement à la vision de l’esprit. Dans le sensible nous n’avons affaire qu’à des dérivés, de pâles copies, des imitations.

Prenons un objet sensible, un lit. Il y a une Idée de lit, intelligible, sur laquelle le menuisier fixe le regard de son âme pour fabriquer un lit aux autres lits mais n’est pas un vrai lit (on ne peut pas dormir dedans).

Le lit peint « imite » le lit matériel, le lit matériel « imite » l’idée de lit.

Pour Platon, il y a une irréparable perte d’être entre chaque original et sa copie, aussi grave quand on passe de l’idée de lit au lit réel que quand on passe du lit réel à l’image de lit.

Le monde sensible est donc composé d’imitations des vraies réalités, d’illusions, comme les images dans les miroirs, les reflets sur l’eau… Et comme dans toute imitation, copie, reflet, il y a une part de ressemblance, mais aussi une radicale différence. Avec la certitude d’être trompé si on prend l’imitation pour l’original : si on essaie de manger les raisins peints sur la toile, d’attraper la lune qui se reflète sur l’eau.

Le troisième homme

Cette théorie des Idées soulève des difficultés, discutées déjà dans les textes de Platon lui-même. S’il existe une Idée du Beau ou du Juste qui explique ce qu’ont en commun les choses belles ou justes dans le monde sensible, s’il existe une idée de lit pour expliquer l’existence et la fabrication des lits, existe-t-il aussi une Idée de poil, une Idée de boue, une Idée de crasse ?

Plus fondamentalement, l’idée est conçue comme un modèle que les objets imitent, auquel ils ressemblent, auquel ils « participent » dit Platon, pour posséder la même essence, se ressembler par leur essence. Donc deux hommes se ressemblent en leur humanité parce qu’ils participent à la même Idée d’homme. Mais chacun de ces hommes ressemble aussi à cette Idée d’homme, il faut donc une autre Idée, un «troisième homme», pour expliquer cette ressem­blance. Et ainsi de suite à l’infini.

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