Platon La question de la justice

> > Platon La question de la justice ; écrit le: 28 avril 2012 par imen modifié le 5 juillet 2018

Commettre l’injustice est pire que la subir

La principale leçon de Socrate sur la justice est cette thèse paradoxale : le véritable mal n’est pas de subir l’injustice, mais de la commettre. Nous cherchons à ne pas subir l’injustice, très spontanément. Mais nous ne sommes pas contre l’idée d’en commettre, de petites, lorsque la tentation est trop forte, l’occasion trop belle. C’est ignorer, enseigne Socrate, que l’injustice commise fait à notre âme un mal beaucoup plus grand que le bien apparent et provisoire qu’elle nous procure : l’injustice dépossède notre âme de son excellence, de sa pureté, qui lui permettra de rejoindre les dieux après la mort.

Mais la justice existe-t-elle ?

La difficulté dans la question de la justice est sa relativité. Rendre à quelqu’un ce qu’il m’a confié est un acte juste. Mais si ce sont ses armes qu’il m’a confiées et qu’il revient me les demander après être devenu fou, pour aller massacrer en ville ? La justice est de ne pas les lui rendre, certes, mais pourquoi ? Et si ce que nous appelons la justice n’existait tout simplement pas, dépendait simplement de l’appréciation de circonstances toujours particulières ?

La plus terrible histoire immorale

Quand même, les moralistes supposent souvent un sens inné de la justice chez les humains, même s’il est profondément enfoui. Platon frappe très fort pour montrer que non, que tout humain qui en a vrai­ment la possibilité sera injuste, et que chacun le sait.

Le sophiste Calliclès raconte l’histoire de l’anneau de Gygès. Ce berger découvre une bague qui le rend invisible a volonté .Qu’en fait il s’en sert pour séduire la reine,tuer le roi et s’installer lui-même  sur le trône. Le sexe et le pouvoir. Chaque homme en aurait fait autant affirme Calliclès, parce qu’il n’existe pas de juste, pas même un seul, nous ne sommes justes que par peur des punitions. Plus de punition possible, plus de justice. Et chacun de nous le sait.

Où l’on retrouve les sophistes

Les sophistes s’engouffrent dans la brèche : le « juste », c’est ce qui est utile au plus fort, à celui qui édicté la Loi, affirment-ils. Rien de plus • relatif que la justice, rien de plus naturel que l’injustice. Et en matière de valeur, c’est l’injustice, librement commise par les forts, qui a de la valeur, pas la « justice » réclamée par les faibles pour leur protection.

Pas si simple, rétorque Platon, parce que dans une bande de brigands, qui font profession d’injustice, il ne peut pas y avoir d’injustice Interne, ils ne peuvent se voler et s’assassiner entre eux à la première occasion, sinon la bande ne survivrait pas un seul jour.

Il existe donc une fonction d’administration qui correspond à ce que nous appelons justice.

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