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Nietzsche La supériorité des Grecs

Vous êtes ici : » » Nietzsche La supériorité des Grecs ; écrit le: 3 mai 2012 par imen modifié le 6 juillet 2018

Nietzsche La supériorité des Grecs

Depuis le romantisme, l’Allemagne culturelle vit une prof0n histoire d’amour avec l’Antiquité grecque. Nietzsche s’inscrit encore dans cette histoire d’admiration ,d’exaltation et d’inspiration.Avec son style a lui,fracassant.

Révolution philologique

Tout au début, Nietzsche est un jeune et brillant universitaire, spécialiste de S l’Antiquité grecque. Mais au lieu de! flatter ses supérieurs et de ménager] ses collègues, pour suivre une carrière normale, il a des idées et il les exprime. Les réactions le persuadent assez vite qu’il est fait pour une autre vie, et surtout pour un autre mode d’expression que les travaux savants, confidentiels, et surtout bien plats pour ne heurter personne. j Il est fait pour heurter.

Pourquoi la tragédie grecque (Eschyle et Sophocle en particulier) est- elle une source inépuisable et inégalée de signification ? Pourquoi contient-elle la plus profonde pensée ? Ce ne sont certes pas les philologues qui peuvent le comprendre, puisqu’ils ne se posent pas la question, tout occupés qu’ils sont à disserter sur l’histoire des déclinaisons et des formes verbales.

Apollon et Dionysos, pas Apollon ou Dionysos

Nietzsche, lui, avance une réponse : à partir des deux courants d’inspiration de l’art grec.

1. Le courant « apollinien », du nom d’Apollon, dieu de la beauté formelle, de l’ordre et de la maîtrise. La sculpture grecque est le triomphe de cette inspiration.

2Le courant « dionysiaque », du nom de Dionysos, dieu des désirs débridés, danse, musique, sexe, qui triomphe lui dans les fêtes orgiaque.

Le grand  tragédie grecque puise à ces deux sources du génie grec, elle réussit a  donner une forme adéquate, sans être encore apollinienne et parfaitement assagie, aux excès surhumains du dionysiaque réalise une fusion, hautement énergétique, entre la mesure et la démesure. C’est l’œuvre d’art par excellence.

Le sens de la tragédie

Les grands poètes tragiques, penseurs d’avant la philosophie telle que nous la connaissons, sont encore capables d’accepter le tragique de la vie, de comprendre la profon­deur de la souffrance, sans se réfu­gier dans un arrière-monde rassu­rant mais fantomatique. Ces Grecs avaient le courage de céder à l’ivresse dionysiaque, même lors­qu’elle se fait ivresse de la souffrance et du malheur, ils concevaient la vie comme étant elle-même une œuvre d’art tragique.

Mais à partir d’Euripide ce sont les valeurs « philosophiques » de la mesure et de la raison qui s’emparent de la culture grecque, époque de décadence où l’on passe de Dionysos, énergie brute de la vie, à Apollon, domestication des énergies. Le sens de la tragédie est perdu parce que le beau doit être désormais raisonnable, parce que la vertu est un savoir, que les bons sont récompensés et les méchants punis. La faute à Socrate et à Platon.

La force des païens

Dans la tragédie grecque l’ivresse et la démesure sont des valeurs. S’opposer aux dieux est une valeur, se prétendre leur égal, se vouloir plus qu’humain, même si on doit en périr (et on en périt), voilà la démesure qui définit la tragédie. Voilà tout ce que le christianisme nous a rendu impossible à vivre et à sentir, affirme Nietzsche.

La tragédie grecque a inventé un type d’homme qui a échoué, toute culture antique a échoué. Cet effort peut être repris, un autre essai Peut être tenté, par une nouvelle forme d’art et de pensée, à nouveau confondus. Pour retrouver la force.

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