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Nietzsche Contre la vulgarité intellectuelle

Vous êtes ici : » » Nietzsche Contre la vulgarité intellectuelle ; écrit le: 3 mai 2012 par imen

Nietzsche Contre la vulgarité intellectuelle

La crise de la culture

La cible de Nietzsche est le « philistin », le bourgeois allemand XIXe siècle, qui a besoin de son bagage culturel, de son portefeuille  de culture, pour son confort intellectuel et moral. Profondément insensible à la musique et à la poésie. incapable de vivre l’art, ils (et elles) en bavardent à tort et à travers, culti­vent les faux-semblants de fausses valeurs artistiques.

Notre culture et toute notre civilisa­tion sont malades, sans le savoir, sans vouloir le savoir. Malades d’une maladie honteuse, qu’on se cache : la vulgarité, l’hypocrisie généralisée, l’absence de sens et de valeur.


Wagner comme symptôme

Nietzsche a d’abord été l’ami, l’admirateur et presque le disciple de Richard Wagner. Dans ses opéras, Wagner recherche un art total, dépassant toutes les règles du classicisme. Nietzsche y entrevoit la réalisation de sa propre recherche de nouvelles valeurs. Mais aucun des deux génies n’est vraiment disposé à apprendre quelque chose de l’autre, et Nietzsche possède suffisamment de goût et d’intuition pour sentir un malaise : l’exaltation dans laquelle Wagner organise son propre culte n’est-elle pas une manifestation de la fausse culture ? Et si ce grandiose était une imposture, une pacotille cultu­relle de plus ?

La philosophie comme symptôme

La philosophie pessimiste de Schopenhauer, inspirée par l’Inde, a provoqué chez Nietzsche une sorte de première révélation philoso­phique, puis il se révolte contre ce pessimisme, qu’il qualifie de « bouddhisme européen» : c’est un renoncement à tout pour éviter la souffrance,un renoncement a la vie et a la force,alors que nous avons besoin d’affronter la souffrance, d’y puiser des énergies. Cette philosophie du renoncement n’est qu’un symptôme de notre culture de dépressifs chronique.

La science comme symptôme

La dernière vulgarité intellectuelle triomphante est la science, sûre ‘Ile-même et de ses valeurs (objectivité, prudence, consensus rationnel..-),une science qui ne doit sa place de doctrine de la vérité lraie qu’à la nullité de la philosophie. Une science toute contente d’avoir détruit les superstitions mais incapable de donner de nouveaux buts à la vie. Cette civilisation de la connaissance, de la technique, des valeurs utilitaires, du bien-être social, est une forme de barbarie, affirme Nietzsche, la fin de toute grandeur, de toute inspiration, de toute créa­tion, de toute intelligence.

Et les « sciences humaines », qu’on n’appelle pas encore ainsi au temps de Nietzsche, sont à la traîne de cette décadence scientifique. Ces spécia­listes de l’histoire, des cultures anciennes ou modernes, ne compren­nent rien à ce dont ils parlent, c’est-à-dire au génie. Ils cherchent à comprendre la vie en disséquant des chairs mortes. Une véritable histoire, selon Nietzsche, interpréterait le passé à partir des forces vives du présent, serait un moment de la vie actuelle de la pensée.

Une nouvelle race de philosophes

Légèreté, séduction, rien qui pèse ou qui pose, le philosophe artiste ne peut pas être un besogneux du concept, comme l’ont été nos braves professeurs allemands, le pays où même les artistes sont lourds, voyez Wagner. Nietzsche veut créer une nouvelle race de Philosophes, c’est-à-dire d’artistes.

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