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La phénoménologie de Husserl : Naissance de la phénoménologie

Vous êtes ici : » » La phénoménologie de Husserl : Naissance de la phénoménologie ; écrit le: 10 mai 2012 par chiraz

La phénoménologie de Husserl : Naissance de la phénoménologie

Le point de départ : les mathématiques

Husserl s’intéresse en premier lieu aux mathématiques qui ont un statut privilégié dans la mesure où elles assurent le fondement rationnel des autres sciences expérimentales et donc, d’une manière générale, de la vérité. Les questions fondamentales des mathématiques sont des questions philosophiques. En l’occurrence, Husserl se penche sur le problème de la réalité du nombre. Il se situe dans le sillage de la réflexion de Frege et du projet logiciste de Russell. Frege adressera d’ailleurs à Husserl une critique décisive de sa Philosophie de l’arithmétique publiée en 1891. Cependant, Husserl développera une réponse originale qui, à terme, donnera naissance à la phénoménologie.


La question est de savoir si le nombre est une idéalité qui existe en elle-même ou non. Une telle interrogation, qui enquête sur la réalité d’un être, est qualifiée d’ontologique (qui est relatif à l’être, du grec ta onta, « les choses qui sont »). Karl Weierstrass (1815- 1897), le père de l’analyse moderne (branche des mathématiques qui traite des notions de limite, continuité, dérivation et intégration), développa l’idée que le nombre procède de l’acte de numération. Pour deux raisons, une telle thèse était pourtant fragile. Primo, parce que tous les nombres ne sont pas accessibles par l’acte de compter ; ainsi, les nombres irrationnels par exemple (nombre réel qui ne peut pas s’écrire sous la forme de fraction avec des entiers relatifs etc.). Secundo, parce que le nombre, s’il procède de l’opération empirique d’un esprit individuel, est également un être idéal séparé de toute réalité empirique. Comme pour Frege, le point de départ de la méditation de Hus­serl est la critique du psychologisme.

Critique du psychologisme

Psychologie et psychologisme

Le psychologisme doit être distingué de la psychologie. Celle-ci, aussi ancienne que la philosophie, constitue une théorie de lame (psuchè en grec), de ses fonctions et de ses rapports avec le corps. La psychologie traditionnelle, appelée également « psychologie rationnelle », faisait partie de la métaphysique. Elle étudiait l’âme sans la séparer du reste de l’existence, en utilisant des moyens uniquement conceptuels. À partir du XIXe siècle, la psychologie s’émancipe de sa tutelle philosophique et devient expérimentale.

Pour Franz Brentano (1838-1917), la psychologie descriptive précède toutes les autres sciences (Psychologie du point de vue empirique, 1874). Il affirme que nos concepts et nos raisonnements sont des réalités psychiques, qu’ils sont les résultats empiriques des propriétés naturelles de notre cerveau. La logique serait donc dépendante des propriétés de nos processus de conscience. Cette conception fait reposer les sciences et leur ossature commune, la logique, sur la psychologie.

Contre une conception psychologisante de la logique

Sous le coup de la critique que Frege lui adresse, Husserl s’éloigne de la conception psychologisante de la logique de Brentano et rejoint la position de Frege et de Russell. Pour ces derniers, la réduction des sciences à leur pseudo-fondement psychologique est un écueil – d’où le terme péjoratif de psychologisme .

Autrement dit, les affirmations scientifiques (les jugements) ne sont pas que des actes psychologiques d’un individu se représentant des objets dans son cerveau. Elles ont une dimension logique essentielle. N’est-il pas vrai que les vérités mathématiques sont indépendantes du sujet ? Les concepts et les raisonnements qui les soutiennent sont profondément logiques. C’est dans cette perspective que Russell et Whitehead font considérablement progresser la logique contemporaine en distinguant nettement les lois causales qui régissent l’ensemble des processus cérébraux des lois logiques, ou idéales, qui transcendent les actes singuliers d’appréhension et qui permettent de mesurer la justesse d’une pensée, c’est-à-dire sa vérité. Tandis que le psychologisme ruine l’idée de vérité, dissout toute objectivité et aboutit à un scepticisme insoutenable, la logique, au contraire, se donne a priori comme vraie et universelle.

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