Bergson La mémoire, au-delà du présent

> > Bergson La mémoire, au-delà du présent ; écrit le: 3 mai 2012 par imen

Il n’y a pas de temps perdu, il n’y a que de mauvaises recherches

Encore un problème mal posé depuis toujours : comment, et où, foi souvenirs se conservent-ils ? C’est supposer que la disparition de» états de conscience est naturelle, et qu’il faut un artifice, un magasin de stockage, pour qu’ils ne disparaissent pas. Mauvaise idée. J états de conscience se conservent, par nature, ils sont de l’être, un être temporel qui s’appelle la durée. Seuls certains d’entre eux sont « présents » à la conscience, pour constituer cette mince strate qui la met en contact, via le corps, avec le monde matériel. Mais la conscience est tout entière mémoire, où chacun des états de cons­cience, appelons-les « souvenirs », conserve sa place et toutes sel nuances. Les souvenirs se conservent parfaitement, par nature, c’est notre capacité à les retrouver qui est faible.

Tous les états psychologiques ne sont donc pas conscients, le cons­cient, au présent, n’est au contraire qu’une frange du psychisme, un psychisme essentiellement composé du passé, dans lequel la conscience va chercher ce dont elle a besoin pour le présent, et le « présente », se le re­présente.

Les deux mémoires

La notion de mémoire chez Bergson n’a donc pas grand-chose à voir avec la notion usuelle de mémoire. La mémoire bergsonienne est essen­tiellement inconsciente, potentielle, elle contient les choses dont nous ne nous souvenons pas… mais dont nous avons la capacité de nous souvenir.

1Certains souvenirs tiennent en une intuition, une image, que la conscience peut concentrer en un seul point de la durée.

2Certains souvenirs sont de véritables schémas d’action, qui doi­vent se dérouler dans le temps : réciter un poème, fredonner une mélodie, même si ce n’est que mentalement.

Sous la première forme de mémoire, notre conscience stocke tout ce que nous vivons, sous forme qualitative. Cette durée mémorisée est indissociable de notre conscience, elle est tout entière disponible, potentiellement, dans le « présent » de notre conscience.

La seconde forme de mémoire, tournée vers l’action et le monde extérieur, plus quantitative et plus volontaire, sélectionne ce qui doit être remémoré et utilisé, pour servir l’action présente, ou interpréter la perception présente. Elle bloque la mémoire profonde et intégrale, pour l’empêcher de nous plonger sans cesse dans les émotions infi­nies du passé.

Le corps est le présent

Donc dans chaque perception présente est mêlée une infinité de souvenirs qui participent à l’action, c’est-à-dire au présent. Lorsque je reconnais un objet ou un visage, lorsque tel ou tel objet m’invite à adopter tel ou tel rôle, à entrer dans telle ou telle action (s’asseoir dans le fauteuil, appuyer sur l’interrupteur…) c’est à partir de souvenirs d’actions passées.

Le corps est la limite mobile entre le Passé et l’avenir. Il concentre le Passé, la durée faite de souvenirs, et I oriente vers les besoins de l’action.

Cette limite mobile constitue le Présent.

Le passé ne cesse jamais d’exister, il cesse simplement d’être utile. Il cesse d’être rappelé au présent pour les besoins du présent, c’est-à- dire de l’action, du corps, mais il demeure rappelable. Donc existant,autrement.

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