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Bergson La durée, au-delà du temp

Vous êtes ici : » » Bergson La durée, au-delà du temp ; écrit le: 3 mai 2012 par imen

Bergson La durée, au-delà du temp

L’expérience intime du temps

L’expérience intime de la temporalité est expérience d’autre chose que’ le temps, expérience d’un niveau plus essentiel de l’être, Bergson appelle la durée. Ce n’est

pas un concept, une notion métaphy. sique nouvelle, c’est pour Bergson une expérience métaphysique, à la limite une expérience mystique. Je me sens durer, avancer dans le temps comme une énergie intérieure créatrice, absolument réelle, men­tale, condensant tout le passé qu constitue mon identité, et produisant un avenir, avec un rythme caractéris­tique dans ce flux de conscience, un sentiment de la durée.


Dans cette intuition de la durée la conscience redevient pur qualitatif, c’est-à-dire redevient elle-même.

Le moi profond

Car ce que nous pensons être, notre moi, n’est le plus souvent qu’une projection, spatialisée et faussement objectivée, de ce que nous sommes réellement, que Bergson appelle notre moi profond. Le moi profond n’est que durée. Dans certaines expériences privilégiées (émotions, souvenirs, sentiments pour autrui, l’art…) nous repre­nons contact avec ce moi profond. Chacun de ses vécus est qualitati­vement différent de tous les autres, il représente une existence auto­nome, une vie. Chaque sentiment est une existence complète à lui tout seul, une vie dans le moi profond, exactement comme une personne, avec une infinité de nuances, inépuisables. Mais en même temps tous les vécus s’interpénétrent dans une symbiose totale, pluS qu’une harmonie, une fusion de tous les vécus dans la même durée. Ils sont indissociables les uns des autres pour composer justement.

La liberté n’est pas un carrefour

rne nous ne comprenons rien au temps, nous manquons de oyens pour comprendre la liberté. Mais il suffit de comprendre le temPs cornme durée pour comprendre l’action humaine comme liberté, spontanéité absolue.

La durée du moi profond est purement et simplement liberté, une liberté souveraine qui n’a pas à se mesurer aux causalités détermi- nantes du monde matériel. Nous savons, par une immédiate évidence, que notre moi profond est libre de ses actes, parce qu’il est producteur de ses actes, et il est producteur de son avenir parce qu’il n’est pas un « acteur plongé dans le temps », mais une source de durée.

Ceci étant, si nous accumulons contresens sur contresens, en consi­dérant la série de nos actions psychiques comme une série d’états physiques, matériels et statiques, alors bien sûr entre ces états il y a des relations de causalité et qui connaît le début de la série peut calculer la suite. Si on réduit la question de la liberté à un problème de chocs entre boules de billards, alors il y a déterminisme et la liberté est une illusion. Mais c’est parler pour ne rien dire, puisque la liberté n’a aucun rapport avec un problème de chocs entre boules de billards.

Lorsque nous imaginons une déci­sion à prendre comme un carrefour d’où partiraient deux chemins diver- 9ents, explique Bergson, c’est de l’espace que nous parlons, avec une 9rossière maladresse si nous Croyons parler des décisions à

Prendre en termes de « chemins » différents dans le temps. Il n’y a Pas de « carrefour » dans la durée vécue par notre conscience, il n’y  qu’un flux, unique et cohérent, producteur de ses actes dans absolu et pas dans un « espace » des possibles. C’est après coup que nous imaginons d’autres possibles. Nous ne sommes pas des Mobiles dans un temps qui serait de l’espace, nous sommes une durée intérieure.

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