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L’unité de la philosophie

Vous êtes ici : » » L’unité de la philosophie ; écrit le: 22 mai 2012 par marwa

L'unité de la philosophie

Les deux types de philosophie, analytique et continentale, ne reviennent-ils pas en réalité à deux disciplines différentes ?


1. Il existe des problématiques communes, héritées de l’histoire de la philosophie, même si les interprétations qu’on en a dans chacune des deux approches divergent radicalement. Par exemple, quand on hérite de la question de savoir s’il est rationnel ou non de croire en l’existence de Dieu, les uns (continentaux) se demandent si se poser cette question a un sens, quelle conception de la rationalité cela engage et pourquoi, finalement, nous ne nous posons plus la question. Les autres (analytiques) se la posent, tout simplement, et tentent d’y répondre.

2. D’une certaine façon, la philosophie analytique hérite de la philosophie médiévale et classique, et se situe dans son droit fil. Elle en reprend les questions, à nouveaux frais, mais sans prétendre innover au sujet de la finalité de la philosophie. La philosophie continentale entend modifier radicalement le programme philosophique, en présentant parfois toute l’histoire de la philosophie comme celle d’une illusion ou d’une erreur. On retrouve cette attitude chez Heidegger (toute l’histoire de la philosophie est celle d’un oubli de I ‘Etre), chez Foucault (la succession des « épistémès »), chez Derrida (la déconstruction). Elle est issue, vraisemblablement, d’une certaine lecture de Hegel, dont la philosophie consiste à donner la raison et le sens du développement historique en termes de moments qui ne reçoivent leur intelligibilité qu’à la lumière d’une rétrospection finale. Cette attitude est reprise par les philosophes continentaux, chacun à sa façon. Inévitablement, elle place la philosophie contemporaine en position de surplomb : elle posséderait le sens de ce que les philosophes du passé faisaient sans le comprendre. La philosophie analytique, en revanche, adopte une attitude nettement plus « continuité » à l’égard des problèmes traditionnels qui ont été soulevés au cours de l’histoire de la philosophie. Elle les accepte et propose de les examiner avec les outils conceptuels qu’elle s’est forgée.

Dès lors, il est possible de dire que l’opposition entre philosophie analytique et philosophie continentale revient à se demander si la philosophie change ou non, et comment cela change. Le philosophe continental pense la philosophie en termes d’un développement, qui peut comprendre des ruptures fortes. L’unité de la philosophie est problématique. Le philosophe analytique pense plutôt que l’unité de la philosophie, de Platon à Plantinga, est forte. L’opposition entre les deux types de philosophie revient ainsi à se demander s’il existe des problématiques philosophiques qui courent tout au long de l’histoire de la pensée, quasiment ne variateur, ou si les questions doivent constamment être rapportées à leur ancrage historique, en tenant compte du moment où nous sommes dans le développement. Le chapitre suivant examine ce problème.

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