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Le travail :vers l’humanité

Vous êtes ici : » » Le travail :vers l’humanité ; écrit le: 23 mai 2012 par imen modifié le 7 juillet 2018

Le travail :vers l'humanité

Le travail est au centre de toutes les attentes et de toutes les contradictions. Alors que nous espérions gagner, grâce à notre premier salaire, l’indépendance, nous avons ressenti en même temps les premiers effets de l’interdépendance que tout travail suppose. Alors que nous attendions un statut et une reconnaissance sociale, nous avons en même temps constaté que le processus n’était pas forcément valorisant et qu’il y aurait toujours un plus haut placé que soi. Et les contradictions n’en finissent pas car au fond nous aimerions peut-être jouir des produits du travail sans avoir nous-mêmes à travailler. Mais cela, non plus, ne nous satisfait pas car nous savons aussi que nos véritables jouissances sont le plus souvent le résultat de nos efforts, nos compétences et nos activités.

Il s’agit donc de comprendre comment le travail peut à la fois être vécu comme une activité pénible et dégradante mais aussi comme un processus d affirmation de soi. Il reste à deviner comment le travail peut en même temps être défini comme une nécessité (parfois même comme une malédiction dans certaines traditions) mais aussi comme l’expression de notre humanité.

Vers l’humanité

À moins de supposer un âge d’or où il est possible, sans efforts, de vivre dans une nature chaude et accueillante, il faut dès l’abord admettre que le travail est une nécessité pour survivre. Mais, cette nécessité, de façon totalement paradoxale, contient en germe la culture et la liberté ; c’est-à- dire la production réciproque et simultanée de l’homme et du monde.

Pour comprendre ce paradoxe, arrêtons-nous un instant sur « l’âge d’or ». Imaginez-vous, vivant nu(e), au milieu d’une nature riche et bienfaisante permettant, à tout moment, de satisfaire immédiatement le moindre besoin. Imaginez la paresse et la douceur devenues lois de votre existence. Imaginez les heures passées sans contrainte et sans efforts. Et vous comprenez peut-être déjà à quel point il n’est pas possible dans un tel milieu d évoluer (dans tous les sens du terme). C’est en effet à partir du moment où l homme doit transformer la nature pour parvenir encore à survivre qu’il commence à développer ses facultés et ainsi sa propre nature. Intéressons-nous précisément à ce rapport particulier avec la nature que le travaiLauppese’pour-mieux comprendre ce qui développe et fait l’homme.

Marx, Le Capital, Livre I, 3e section, Chapitre 7, 1867

« Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l’homme et la nature. L’homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d’une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement, afin de s’assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu’il agit par ce mouvement sur la nature exterieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et développe les facultés qui y sommeillent. »

Alors que la plupart ne voient dans le travail qu’une activité de l’homme sur la nature, Marx dévoile un processus entre la nature et l’homme – c’est-à-dire un échange. Les règles et les principes de cet échange sont les suivants : la nature est constituée par un ensemble d’éléments et de forces dont l’homme fait partie ; mais l’homme, dans cet ensemble joue un rôle très particulier au sens où il ne se définit pas seulement comme force mais exclusivement comme puissance. La puissance apparaît en effet au moment où l’on parvient à la fois à développer et à maîtriser les forces. Et cette maîtrise est à la fois définie et supposée par le travail. Car si l’on veut survivre dans la nature, il faut apprendre à utiliser les forces qui nous entourent – 1 eau, l’air, le feu et la terre -, et cet apprentissage suppose de développer ses propres forces, ses capacités physiques et intellectijiiénê^« bras, jambes, tête et mains ».

Un cercle yertueux)se met alors en place dans et par le travail : l’homme à mesure qu’îkfaflsiorme la nature développe sa propre nature. Et dans cet échange de plus en plus efficace, la nature se métamorphose en monde façonné par l’homme. À mesure que le monde se complexifie, l’homme lui-même change de nature et de processus d’évolution en ne s’adaptant plus seulement à son milieu mais en adaptant son milieu à ses besoins puis à ses désirs’.

Entre le primate et 1 homo sapiens, il y a donc ïhomo faber qui dans un même processus de développement des forces et des facultés produit à la fois l’homme et le monde. C’est en ce sens et en ce sens seulement que le travail caractérise et manifeste l’humanité. On comprend alors l’exigence et l’importance d’une telle définition pour Marx et tous ceux qui voudront critiquer les différentes perversions de ce processus, et en particulier « le travail aliéné ». Car nous savons bien que certaines formes de ce processus au lieu de permettre à l’homme de s’affirmer le privent au contraire de ce qui caractérise justement son humanité – sa conscience et sa liberté.

Mais pour comprendre à quel point ce processus peut se pervertir, l’analyse du travail comme rapport entre l’homme et la nature ne suffit plus. Il convient de se pencher sur les rapports particuliers qui se tissent entre le travail et la culture, ou plus précisément sur les rapports humains que suppose le travail dans certaines cultures.

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