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Platon Le tissu dialectique

Vous êtes ici : » » Platon Le tissu dialectique ; écrit le: 28 avril 2012 par imen

Platon Le tissu dialectiqueLa philosophie tisse les paroles

Logos signifie parole, mais aussi raison. D’où le sens de dialogue, parole à deux ou à plusieurs, et de logique, ce qui est conforme à la raison. D’où le sens plus compliqué de dialectique : dans le jeu des questions et des réponses, la parole reçoit une nouvelle fonction qui est de conduire l’âme, progressivement, vers la vérité. En progres­sant de distinctions sur lesquelles on est d’accord en distinctions sur lesquelles on est d’accord, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une unité parfaitement pure, la définition, ou l’idée.

Le dialogue ainsi utilisé est un instrument d’enseignement parfaite­ment philosophique : la remise en question par le dialogue conduit


l’âme à voir de l’extérieur ses propres opinions. La dialectique platoni­cienne est critique au sens philoso­phique.

Encore un mot grec, critique, qui vient de krinein : trier. La dialectique trie l’être et l’apparence, à l’intérieur du langage, comme un filet destiné à capturer la vérité, écrit Platon.

Cependant, comme en mathéma­tique, le maître peut « montrer », mais il faut que l’élève « voie » pour comprendre. Au terme du dialogue, éventuellement, la vérité n’est découverte que par soi- même, au-delà de toute parole.

Les Idées tissent la vérité

Les Idées entre-tissent le réel. La dialectique philosophique, c’est aussi l’art qui suit quelques fils, essaie de comprendre les trames.

Le modèle est l’entrelacement des lettres de l’alphabet qui font jaillir les significations en composant des mots. La recherche des Idées Ipc

Dans l’entrelacement des copies de copies, des reflets de reflets, où subsiste la ressemblance des Idées, mais pas leur réalité, c’est en dernière analyse l’être et le non-être qui sont entrelacés. La chose belle est tissée de beauté et de non-beauté, elle n’est jamais « que belle », comme l’idée de Beauté.

L’être est mêlé de non-être, la présence des choses n’est possible que sur fond d’absence, et il en va de même pour tout : le Même n’est possible que par l’Autre, le Permanent n’existe que parce qu’il y a Changement, l’Un parce qu’il y a Multiple…

La dialectique démêle les fils

On comprend mieux pourquoi, correctement utilisés, les mots de l’analyse philosophique sont des instruments qui démêlent le tissu du réel, comme les peignes du tisserand démêlent les fibres ou les fils. La dialectique ne consiste pas à se mettre d’accord sur les mots, à atteindre un accord verbal après négociations sur les façons de parler. Elle vise les essences, les Idées absolues qui sont la nature des choses.

La dialectique travaille en partant des ressemblances, cela même qui donne lieu aux apparences les plus trompeuses. Elle s’efforce de distin­guer les vraies ressemblances, qui conduisent à l’idée commune de leur essence, des simples faux- semblants.

Toutefois, précise Platon, seul celui qui a tissé l’univers connaît tous les fils. Aucun homme ne peut réellement trier selon les véritables distinctions, distinguer parfaitement les essences. La dialectique n’est donc pas le plus élevé des arts philosophiques, il y a place au-dessus d’elle pour une saisie plus directe des intelligibles, par l’intuition.

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