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Kant La religion dans les limites de la raison

Vous êtes ici : » » Kant La religion dans les limites de la raison ; écrit le: 3 mai 2012 par imen

Kant La religion dans les limites de la raison

Quelques ennuis avec la censure

Kant est resté toute sa vie un honorable professeur d’université, il est un modèle de révolution intellectuelle tranquille. Mais il a quand! même réussi à se faire interdire un livre, celui sur la religion, dont kl titre frappe trop fort pour l’époque : « La religion dans les limitesd la simple raison ».

Démythologiser

Kant n’invente pas le mot de démythologisation, mais il invente la chose, c’est mieux.


Dans l’enseignement des religions, et surtout du christianisme en] fait, il distingue deux choses :

1. Le message moral, qui se trouve être le même que celui de sa propre philosophie morale, c’est-à-dire une notion humaniste du devoir ;

2. L’enveloppe mythologique, qui a pu être nécessaire à la diffusion de ce message moral parmi des peuplades anciennes, mais ne nous est plus nécessaire aujourd’hui. Au contraire même, lai mythologie a pris le pas sur la morale dans la religion, et s’estl retournée contre elle.

Démythologiser la religion, c’esi donc se débarrasser des croyance! irrationnelles qui flattent la tendancej naturelle à la superstition.Travail dj| critique d’autant plus nécessaire qu0 l’alliance des Églises officielles aveCj des États autoritaires transforme 8 religion en instrument de sourniSi sion, c’est-à-dire d’oppression.

La peur du surnaturel, ou la fascination par le surnaturel, sont inda gnes de la raison humaine, et la soumission sans sincérité à des dogmes incompréhensibles nous habitue dès l’enfance à

Kant la véritable nécessité de se débarrasser des mythologique surnaturel est morale et non intellectuelle : être moral par surnaturel est parfaitement immoral, dégradant, indigne de peur morale telle que Kant l’exige. La superstition religieuse pervertit oui fait de l’homme une valeur, sa capacité d’autonomie morale

Morale source d’une religion d’espoir

révolutionnaire l’idée que ce n’est pas la religion qui est la source de la morale, mais le contraire. Si en effet les valeurs morales nous étaient imposées par un surnaturel, elles ne seraient plus des valeurs en elles-mêmes. Il suffirait de ne plus croire pour ne plus être soumis à la contrainte morale. Si Dieu n’existe pas, tout est possible.

Kant exige toujours que la valeur morale soit contraignante en elle- même, sans détour obligé par une religion.

Mais en sens inverse, l’effort moral personnel a besoin d’une espé­rance, partagée par une commu- _ nauté de croyants : l’espoir que l’amélioration morale de soi est possible, même si dans ce monde ce sont les malfaisants, visiblement, qui réussissent. Ce besoin d’espérance ne serait-il pas de nature religieuse ?

Désespérant : le mal radical

Le problème est même beaucoup plus grave, si on réfléchit à l’origine du mal. Puisque nous avons en nous une conscience morale, comment pouvons-nous choisir le mal ? Dans chaque faute morale, nous savons ce que nous devrions faire, mais nous ne le faisons pas. C est parce que nous sommes déjà du mauvais côté, nous avons déjà choisi de suivre notre intérêt plutôt que nos valeurs. Déjà, et toujours eJà. Voilà ce que les religions interprètent comme péché originel, et je  Kant appelle le « mal radical », radical parce qu’il est à la racine de  notre être.

Pour commencer à être mauvais, il faut déjà être mauvais. Donc la  du mal est insondable, infiniment enfouie. Comment xtirper ? Nous devons pourtant croire que c’est possible.

Une  situation désespérante, c’est aller plus loin que sa raison, et  type de dépassement qui rend nécessaire, affirme Kant, la croyance religieuse.

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