La philosophie en France au XXe siècle : Bergson, la vie en mouvement

> > La philosophie en France au XXe siècle : Bergson, la vie en mouvement ; écrit le: 14 mai 2012 par chiraz modifié le 7 juillet 2018

Une philosophie de la vie fondée sur l’intuition

A contre-courant de son époque, Bergson défend l’idée que la philosophie est une connaissance positive. Pour parvenir à cette connaissance, il faut se déprendre de l’intelligence commune du monde, essentiellement tournée vers l’action efficace, qui repose sur une perception tronquée de la réalité et n’en conserve que ce qui correspond à nos intérêts pragmatiques. La connaissance philosophique repose sur l’intuition.

L’intuition première est que tout est mouvement, changement, devenir universel. L’individu se développe de façon continue et ne cesse de changer, les espèces vivantes se transforment continûment, créant des variétés nouvelles, et même le monde matériel apparemment inerte est fait de mouvements de tous ordres. Un élan vital dynamise l’infinie lenteur de la matière afin de donner à l’évolution biologique le sens d’un processus créateur. L’univers est un « jaillissement ininterrompu de nouveautés » (L’Évolution créa­trice). Pour Bergson, qui pense comme Héraclite que « tout s’écoule » , le changement doit être pensé comme un enrichissement créateur perpétuel.

Le temps comme dimension de l’être

Si tout est changement, la réalité est fondamentalement temporelle. C’est d’ailleurs un trait inédit et général de la philosophie contemporaine que d’abandonner la considération abstraite de la philosophie classique, qui ne tenait pas compte du temps dans la recherche de l’essence des choses, pour faire de la temporalité une véritable dimension de la réalité. Pour Bergson, indubitablement, le temps est la notion centrale qui rend compte de la vie. Il ne faut plus aborder la réalité sub specie œterni (sous l’angle de l’éternité) mais sub specie durationis (selon la perspective de la durée).

C’est pourquoi seule une critique du temps, tel que celui-ci est compris par la science moderne, permet de le distinguer de la durée. Le temps, tel que nous le comprenons communément, est une notion abstraite. Il est ce qui mesure quantitativement le mouvement d’un mobile le long de sa trajectoire. Ce temps objectif, ce temps des horloges est pensé comme une succession d’instants ponctuels et identiques : c’est un temps spatialisé. Or le “temps vrai” est la durée. Qu’est-ce que la durée ? C’est la réalité même du temps.

La durée est une variation qualitative continue et irréversible. Elle est un phénomène concret que nous éprouvons effectivement par la conscience que nous avons de l’écoulement, du temps qui passe. Nous saisissons simultanément les trois dimensions du temps, le passé, le présent et le futur, dans le mouvement même de leur passage. Le temps n’est pas un cadre formel mais s’éprouve comme un contenu concret sans cesse changeant. Nous percevons l’essence du temps comme le déploiement d’une mélodie.

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