Platon La méthode ironique

> > Platon La méthode ironique ; écrit le: 28 avril 2012 par imen

Étymologie de l’ironie

Socrate n’est pas seulement insolent envers les institutions, il est caractéristiquement ironique. Le mot ironie vient du mot grec signi­fiant interroger. L’ironie est une certaine façon d’interroger, agaçante, qui peut être utilisée par des préten­tieux, mais avec Socrate c’est autre chose : il pose des questions dont il ne prétend pas avoir la réponse, donc il ne se place pas du tout en situation de supériorité méprisante. C’est en cela qu’il agace, en affirmant : « je sais que je ne sais pas ».

L’ironie socratique est une méthode de réflexion à plusieurs. Elle renvoie l’autre, et soi-même, à voir plus objectivement ce qu’il dit et ce qu’il veut, elle force à sortir de soi.

Méthode inspecteur Columbo

À partir de sa profession de foi « je sais que je ne sais pas », Socrate pose des questions. Car le monde grec est un monde de dialogue, de parole publique sur Y agora, la place publique, où se livrent sans cesse des affrontements verbaux. Socrate va trouver tous ceux qui y font profession de savoir, et ils sont nombreux, pour s’instruire enfin auprès d’eux, prétend-il.Tous les représentants des institutions de la Cité vont être mis à l’épreuve : autorités intellectuelles, politiques, artistiques, religieuses…

Vous, vous savez des choses, de grandes choses même. Expliquez- moi, demande Socrate, entouré de ses jeunes admirateurs. D’abord flatté et condescendant, son interlocuteur commence à faire étalage de son savoir, mais il est très vite bloqué par une « petite question ». Et ainsi de suite quand il essaie de répondre, de plus en plus excédé.

tard, ¡1 s’est contredit, enfermé dans son propre discours, et ridiculisé. Dès que Socrate commence, modestement : « Il y a juste un détail qui m’échappe… », il est déjà trop tard.

On comprend la colère du discoureur humilié, on comprend que Socrate ne se fasse pas que des amis.

L’accoucheur des grossesses nerveuses cérébrales

Socrate aime rappeler qu’il est fils d’une sage-femme. Elle « déli­vrait » les corps des femmes, dit-il, moi c’est la même chose mais ce sont les âmes des hommes que je « délivre ». De quoi ? Des pensées qu’ils portent en eux, des théories dont leur âme est grosse et embar­rassée.

L’ennui, c’est que les rejetons souvent se réduisent à rien, à du vent : Socrate est spécialisé dans la délivrance des fausses grossesses, celles qui gonflent des têtes qui se croient pleines et fécondes mais sont pleines de vent et stériles.

La philosophie commence comme psychothérapie des prétentieux.

Psychanalyse de l’ironie

Où Socrate veut-il en venir? Certainement pas à une démolition générale, il n’est pas ce qu’on appellera plus tard un « nihiliste ». Certainement pas non plus à faire table rase pour laisser place à une doctrine toute prête. Cherchons plutôt du côté du malaise qui est souvent à l’origine de l’ironie : la déception, déception devant le savoir, celui des autres, et sans doute aussi le sien. Une déception par rapport à une attente, à une exigence en matière de vérité, de justice, de beauté…

Vidéo : La méthode ironique

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