Heidegger Bâtir, habiter, penser

> > Heidegger Bâtir, habiter, penser ; écrit le: 4 mai 2012 par imen modifié le 6 juillet 2018

On dira ce qu’on voudra sur son jargon, il reste que propose une anthropologie philosophique, une théorie de I’hui3 habitant le monde, qui ne craint la comparaison avec aucune au|H

l’ordonne souvent par des expressions de poète-philosophe, parfaiw ment compréhensibles :  habiter, penser.

Bâtir

Bien que la technique soit devenue hégémonique et mette en danger la possibilité de la pensée méditante, l’essence de la technique est un 1 mode d’être qui éclaire la possibilité fondamentale de l’humain : bâtir le monde dans lequel il vit.

Où que vous soyez en ce moment, faites un tour d’horizon. Quasi­ment rien de ce qui vous entoure, le « monde », n’est naturel (même si vous êtes dans la nature, l’herbe des prés, les arbres, les haies… – sont des interventions humaines, techniques, utilitaires — si jamais vous êtes dans la jungle ou sur une île déserte, merci d’avoir choisi ce livre).

Pour vivre, nous les humains, nous commençons par construire le monde dans lequel nous voulons vivre. Notre rapport à l’être et au monde n’est comparable à aucun autre, à cause de cette dimension « technique », fabricatrice, créatrice de monde.

Habiter

Dans le monde nous ne sommes pas seulement présents, posés la ou « jetés » là comme disent les philosophes, nous habitons, nous y sommes chez nous. Le monde, au sens ontologique, et certaines de ses parties, au sens matériel, constituent un chez nous.

Habiter ne signifie pas  avoir élu domicile légal, répondre au téléphone  et faire le ménage de l’appartement.Habiter signifie ancrer son être   un lieu, centrer son monde, donner des significations et  aux lieux, aux temps, aux personnes. Ainsi se crée,de notre habitation dans le monde, une proximité qui n’est pas l’espace : je me sens proche de telle éloignée ou de tel

• aru parce que mon habitation du monde dépend d’elle ou de lui sens loin de tel importun qui m’assaille parce que mon habita- du monde n’a rien à faire avec lui, même s’il est à 20 centimètres Hemoi. Habiter le monde crée une relation authentique d’être.

Penser

Penser, c’est penser son habitation dans l’Être, et mieux que tout autre le poète est capable d’habiter en pensant, de développer cette sensibilité pensante à la présence. La poésie, explique Heidegger en commentant Hölderlin, est le véritable habiter, un lieu n’est habité que poétiquement. La véritable proximité aussi est poétique.

Plus globalement, il ne suffit pas de suivre cette réflexion dans le sens bâtir, puis habiter (ce qu’on a bâti) puis penser (son habiter). Car, explique Heidegger, pour savoir construire il faut savoir habiter, sinon c’est de l’inhabitable qu’on construira (idée à enseigner dans les écoles d’architecture), et pour savoir habiter il importe de savoir penser, car habiter sans penser n’est pas habiter, mais simplement être posé là par hasard. Avec un humour chez lui rarissime, Heidegger dénonce une crise du logement dans l’Être, une crise de notre mode d’habiter I être, c’est-à-dire de le penser. D’où ^ construction d’un monde inhabi­table.

La technique n’est donc que la perte de sens non pas de notre capa- C|té technique elle-même, du « bâtir » qui caractérise notre être, mais Ur|e perte de sens de Y habiter dans le monde, à cause de l’absence de Pensée, qui est en même temps l’absence de poésie.

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