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Wittgenstein La fin? Ou l’éternel commencement ?

Vous êtes ici : » » Wittgenstein La fin? Ou l’éternel commencement ? ; écrit le: 4 mai 2012 par imen

 Wittgenstein La fin? Ou l’éternel commencement ?

On ne change pas

Finalement, Wittgenstein n’a jamais cessé d’être le positiviste mystique de ses débuts. Mais tellement mystique qu’il ne croit plus du tout à la science, et tellement positiviste qu’il ne croit plus du tout en une expression possible, de quoi que ce soit, et encore moins de tout ce qui serait signification, valeur, émotion…

Reste à déposséder les autres de leurs illusions, et ce sera fait sans ménagements par une partie de l’école analytique : imposer silence aux philosophes, leur ôter toute crédibilité, toute audience, les dénoncer comme de purs et simples charlatans, des bonimenteurs de l’invérifiable.


Un autre suicide

Cette pensée philosophique présente toutes les apparences du suicide : le philosophe wittgensteinien doit démissionner, au minimum cesser de publier des livres, comme Wittgenstein lui- même a cessé. Le philosophe s’est mis lui-même au chômage, son travail consiste essentiellement à se mettre lui-même au chômage, par auto-dissolution de la philosophie.

Mais à la différence de l’exécution de Socrate autrefois, ce suicide n’est pas une exécution sous la contrainte d’une Cité injuste. Ce suicide n’est pas contraint du tout, on n’est pas obligé. Ce suicide intellectuel aurait même un petit côté poseur, qui ne donne pas vrai­ment envie.

Heureusement, les écoles de philosophie analytique ont aussi donné naissance  a  des courants constructifs ,certains allant jusqu’à une métaphysique descriptive, même si leur travail philosophique n’est pas de même nature que celui de la « grande tradition philosophique ».

Plutôt une naissance

Toute philosophie se construit autour de ce qu’elle refuse. Wittgens- tein refusait tout de la philosophie classique, d’où cette révolte qui n’épargne rien, cette rupture dans une tradition culturelle philoso­phique qui se poursuivait, bon an mal an, depuis les Grecs. Mais parce qu’elle a gagné une extraordi­naire audience dans le monde entier, cette révolte a changé ce que philoso­phie veut dire, même si les vieilles universités européennes, qui n’ouvrent pas souvent les fenêtres, ne l’ont pas toutes remarqué. Une nouvelle culture philosophique défie l’ancienne, et elle a pour elle les vertus du débat argumenté, de la recherche de consensus, et même du souci d’applications ayant des conséquences dans la vie réelle. C’est peut-être une certaine forme de philosophie qui s’éteint, mais une autre est née. Moins de grandes théories et plus de petites analyses, moins de grandes polémiques et plus de petites réfutations.

Retour amont

Il serait donc possible de ne pas se laisser désespérer par la décons­truction wittgensteinienne de la philosophie ? Bien sûr !

Rien ne donne plus envie de faire de la philosophie que Wittgenstein, envie de refaire de la philosophie, parce que dans cette pensée critique il y a une telle énergie philosophique, un tel bouleversement des valeurs installées, une telle santé (au sens nietzschéen du terme), qu’on se sent une irrésistible envie de vivre, de revivre… de revivre autrement la philosophie.

D’une nouvelle vie, débarrassée des jargons et des pesanteurs histo­riques, passionnément attentive au monde réel et aux pratiques humaines, accessible, soigneusement modeste et toujours déca-lée, ironique. Socratique comme à l’origine.

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