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Wittgenstein Grammaires de la vie

Vous êtes ici : » » Wittgenstein Grammaires de la vie ; écrit le: 4 mai 2012 par imen

Wittgenstein Grammaires de la vie

La philosophie est une auto-ethnologie

Parce que toute signification est globale et engage de proche en proche toute la situation et une infinité de tenants et aboutissants la véritable unité de sens se révèle être la « forme de vie », p0Ur Wittgenstein. La philosophie qui a pour ambition de décrire la manière dont nous parlons porte en fait sur un ensemble plus vaste la manière dont nous vivons. Elle est donc une ethnologie, nous

devons nous voir et nous décrire comme on le ferait d’une civilisation inconnue. Juste décrire, sans présup­posés ni jugements de valeur.


L’expression «j’ai peur», par exemple, n’est pas la description d’un état d’esprit, pas plus que » n’est la description d’un événement mental. Ce sont des attitudes en face de la vie, des composantes locales d’une forme de vie globale, composantes dépourvues de sens si on les détache de cette forme de vie (celle d’un respectable employé de banque, d’un touriste en vacances, d’un malfaiteur en action…).

Jeux et règles du jeu

Cette ethnologie descriptive est la grammaire appropriée de nos jeux de langage. La grammaire décrit des formes de langage, elle ne les explique pas. La philosophie peut décrire des formes de vie, elle ne les explique pas. Les règles d’un jeu ne l’expliquent pas, elles le décrivent seulement.

Les règles de grammaire du langage, et des jeux que nous savons jouer, ne sont ni vraies ni fausses. Les règles sont appliquées ou pas‘ certains jeux sont joués et d’autres pas, ce n’est plus une question de vérité, c’est une question de pratiques de vie.

On ne peut pas dire aue ce sont les règles qui produisent le jeu, ni que c’est le jeu qui produit les règles qui leur permettent de continuer a jouer .

C’est naturel donc acquis

L’apprentissage  maternelle est l’élément décisif dans l’intelligence humaine, parce que c’est le modèle d’apprentissage des régies et des grammaires de la vie.

 Ce qui est su et compris, en matière de signification ou de communication, est ce qui a été appris. Y compris les « évi­dences » et les « nécessités », y compris logiques et mathématiques.

 L’apprentissage explique la compréhension, mais rien n’explique l’apprentissage, c’est une forme de vie qu’on peut tout au plus décrire.

L’intelligence, la parole et la communication, font partie de nos acti­vités naturelles, c’est-à-dire culturellement acquises, exactement au même titre que la marche, le vélo, le rock-and-roll ou le jeu d’échecs.

L’impossibilité d’une connaissance éthique ou esthétique

Mais dans notre vie interviennent aussi des éléments éthiques (le sentiment de certaines valeurs ou de devoirs) et des éléments esthé­tiques (des émotions d’un genre particulier).

L’éthique et l’esthétique existent, c’est-à-dire appartiennent à nos formes de vie, mais il est vain d’essayer d’y comprendre quelque chose, il est totalement vain d’en chercher une connaissance.

Lui-même musicien de musicien de niveau professionnel, Wittgenstein connaît ces cas où l’interprète « joue les notes » mais sans comprendre ce qu’il joue. La « compréhension » de la musique, ou de la peinture, et même des valeurs morales, relève d’une forme de vie globale, qui est un engagement de toute I existence et ne se décompose pas en «significations» isolables.i C’est pour cela qu’on ne peut pas répondre à la question « explique-j roi ce que signifie cette musique / ce tableau / cette valeur morale) ». Jouer une sonate un peu plus vite, puis un peu plus lentement, pui senf/rqu’on est sur le bon tempo, c’est la « comprendre » au sens d la vivre, intégrer l’infinie subtilité de ses règles internes.

Vidéo : Wittgenstein Grammaires de la vie

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Wittgenstein Grammaires de la vie

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