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Philosophie et psychologie

> > Philosophie et psychologie ; écrit le: 23 mai 2012 par marwa modifié le 7 juillet 2018


Imaginons un étudiant qui veut en apprendre beaucoup, ou au moins un peu, sur la pensée, les rêves, la connaissance de soi, les émotions et les sentiments (l’amour, surtout), la sexualité, le bonheur, les relations familiales, bref des choses qui l’intéressent, voire le préoccupent. Il peut hésiter alors entre faire des études de philosophie et des études de psychologie. Dans quelle filière s’inscrire? La philosophie, il l’a déjà rencontrée en terminale. « On étudie beaucoup de textes d’auteurs du passé, dont certains sont passablement obscurs. Il faut rédiger des dissertations, selon une méthode que le professeur semble bien en peine d’expliquer. On ne doit jamais dire ce que l’on pense, seulement répéter ce que les grands philosophes ont dit, mais on n’y parvient jamais correctement. En plus, à l’université, en philosophie, on fait de la logique. Or cela ressemble beaucoup à des mathématiques. C’est difficile et ennuyeux I Essayons donc la psychologie. Au moins, c’est de « la science », on y apprend des faits, des choses vraies. » Ce discours n’est pas si naïf. Un tel optimisme sur la substitution de la philosophie par la psychologie n’animait-il pas les promoteurs des sciences psychologiques à la fin du XIXe siècle, exactement comme il a dynamisé la naissance de la sociologie. La philosophie ne correspond-elle pas à un état dépassé de l’étude de l’esprit? Comme la calèche, le train à vapeur, l’imprimante à aiguilles, il faut déposer la philosophie au musée de la pensée humaine. Toutefois, George Canguilhem, dans son « Qu’est-ce que la psychologie ? » affirme que : Pour la psychologie, la question de son essence, ou plus modestement de son concept, met en question aussi l’existence même du psychologue, dans la mesure où, faute de pouvoir répondre exactement sur ce qu’il est, il lui est bien difficile de répondre sur ce qu’il fait. (1968, p. 365)

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