L’inconscient :La psychanalyse est-elle une fausse science ?

> > L’inconscient :La psychanalyse est-elle une fausse science ? ; écrit le: 24 mai 2012 par imen

Kant nous a appris dans ¡a critique de la raison pure que « si toutes nos connaissances commencent avec l’expérience, il n’en résulte pas qu’elles dérivent toutes de l’expérience », et nous a rappelé qu’une méthode était nécessaire pour entrer « dans la voie sûre de la science ». Freud, en espérant fonder la psychanalyse comme science, a non seulement oublié cela, mais a aussi fait voler en éclat le fameux partage qu’avait instauré Kant entre savoir et croyance.

Or pour pouvoir espérer fonder une science, nous rappelle Popper, il faut d’abord pouvoir satisfaire au critère de réfutabilité.

Karl Popper, Misère de /’historicisme, 1955

« La science, peut-on dire, est confrontée à des problèmes à chaque moment de son développement. Elle ne peut commencer par des observations, ou par la “collection de données”, comme le croient certains.

[…] Les méthodes consistent toujours à offrir des explications causales déductives et à les tester (par le moyen de prédiction), […]. On a parfois appelé cela la méthode hypothético-déductive, ou plus souvent la méthode par hypothèse, car elle ne procure une certitude absolue pour aucun des énoncés scientifiques qu’elle teste ; bien plutôt, ces assertions gardent toujours le caractère d’hypothèses avancées à titre d’essai, même si leur caractère provisoire peut cesser d’être manifeste après avoir subi avec succès un grand nombre de tests sévères.

[…] Ce qui est important c’est de se rendre compte qu’en science nous avons toujours affaire à des explications, des prédictions et des tests, et que la méthode selon laquelle on teste les hypothèses est dans l’ensemble invariable […]. A partir de l’hypothèse à tester — par exemple une loi universelle — en même temps que quelques autres propositions qui à cet effet ne sont pas considérées comme problématiques — par exemple certaines conditions initiales -, nous déduisons une prévision. Puis nous confrontons cette prévision, toutes les fois que cela est possible, avec les résultats des observations expérimentales ou autres. On considère que l’accord corrobore l’hypothèse, sans être une preuve définitive ; et qu’un désaccord manifeste est une réfutation ou une falsification. »

Le propre d’une fausse science consiste bien en effet à n’exposer que des propositions irréfutables dont l’objet ne peut être rationnellement étudié ou reste toujours en partie caché comme « les animaux parlent, mais nous ne les entendons pas » ou encore « ce n’est pas parce que nous ne le voyons pas que Dieu n’existe pas », ou enfin « l’inconscient existe puisque je ne me sens plus moi-même ». Rien ne saurait prouver réellement l’existence de cet objet qui a l’étrange particularité de pouvoir être « ressenti » mais non pas vu, exactement comme ces autres objets de la métaphysique que constituent Dieu ou l’âme. Les analystes et les mystiques se retrouvent sur ce point : l’inconscient comme l’âme est une expérience intérieure, ne se prouve pas mais s’éprouve, ne se voit pas mais se sent.

Tout comme l’existence de Dieu, l’existence de l’inconscient se fonde sur des témoignages ou des personnages exemplaires ; l’inconscient a ses incarnations : Anna 0 ou Emmy von M, l’homme aux loups (qui auront comme point commun de mourir comme ils ont vécu : dans un état fort avancé de délabrement physique et psychique malgré leur analyse, fait, c’est le cas de le dire, de main de maître). Or contrairement aux théories psychanalytiques ou astrologiques, le monde des sciences ne se sert plus jamais de quelques cas emblématiques pour confirmer toutes ses théories : « Elle ne peut commencer par des observations, ou par la « collection de données », comme le croient certains. ». Une science digne de ce nom s’efforce toujours de rechercher des expériences ou des hypothèses susceptibles d’invalider tel ou tel pan de la théorie. Une fausse science est toujours incapable de produire les conditions d’une falsification, c’est une science qui a toujours réponse à tout, à toutes les formes d’objections qu’elle interprète alors comme une résistance à la théorie ou un refus idéologique a priori. D’autres arguments fort simples permettraient de montrer, s’il en était encore besoin, que la psychanalyse ne peut se constituer en connaissance : une science doit pouvoir sans cesse refaire ses expériences pour vérifier que ses résultats sont toujours les mêmes. Dans le domaine psychanalytique, refaire l’expérience qui a soi-disant mené au traumatisme est non seulement impossible mais serait aussi moralement inacceptable. Une science se construit en se fondant sur des démonstrations, des enchaînements logiques, méthodiques et ordonnées d’idées, or la psychanalyse revendique la méthode des associations libres, ce qui revient à confondre la ressemblance et la causalité. Elle prend des études de cas pour principes, en confondant valeur d’exemple et postulat scientifique. Les différents moyens dont se sert la psychanalyse pour avancer ses thèses constitue ainsi un merveilleux exemple de ce qu’il ne faut pas faire si l’on veut entrer « dans la voie sûre de la science » ou de la philosophie.

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