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Le pouvoir des mots: rhétorique et dialetique

Vous êtes ici : » » Le pouvoir des mots: rhétorique et dialetique ; écrit le: 24 mai 2012 par imen

Les rapports et les tensions entre le langage, la vérité et le pouvoir sont mis en scène dans le Gorgias de Platon. Pour comprendre les enjeux de ce dialogue, et par cela même de la plupart des discours qui prétendent dire ou posséder la vérité, arrêtons-nous pour une fois et un instant sur l’histoire de cette œuvre et de ces personnages. Le Gorgias est le lieu de multiples combats entre Socrate et Gorgias, Socrate et Polos, Socrate et Calliclès ; autant de combats qui reflètent l’opposition entre rhétorique et dialectique, savoir et pouvoir, aristocratie et démocratie, académie de Platon et école de sophistes.

Précisons ces tensions : il est tout d’abord intéressant de constater que la rhétorique, dont Gorgias est le maître, apparaît à Athènes au moment où la démocratie permet à chaque citoyen de prendre la parole. Et c’est parce que la démocratie donne cette importance au discours que la rhétorique intéresse à ce point les jeunes aristocrates ; car elle leur permet de réaliser le but des personnes bien nées : jouer un rôle politique important.

Platon, Gorgias, lA siècle av. J.-C.

SOCRATE – Allons, Gorgias, figure-toi qu’eux et moi, nous te posons cette question. Dis-nous quelle est cette chose que tu prétends être pour les hommes le plus grand des biens et que tu te vantes de produire ?

GORGIAS – C’est celle qui est réellement le bien suprême, Socrate, qui fait que les hommes sont libres eux-mêmes et en même temps qu’ils commandent aux autres dans leurs cités respectives.

SOCRATE – Que veux-tu donc dire par là ?

GORGIAS – Je veux dire le pouvoir de persuader par ses discours les juges au tribunal, les sénateurs dans le Conseil, les citoyens dans l’assemblée du peuple et dans toute autre réunion qui soit une réunion de citoyens. Avec ce pouvoir, tu feras ton esclave du médecin, ton esclave du pédotribe, et, quant au fameux financier, on reconnaîtra que ce n’est pas pour lui qu’il amasse de l’argent, mais pour autrui, pour toi qui sais parler et persuader les foules.

SOCRATE – VIII. – À présent, Gorgias, il me paraît que tu as montré d’aussi près que possible quelle est pour toi la rhétorique, et, si je comprends bien, ton idée est que la rhétorique est l’ouvrière de lo persuasion et que tous ses efforts et sa tâche essentielle se réduise” à cela. Pourrais-tu en effet soutenir que son pouvoir aille plus que de produire la persuasion dans l’âme des auditeurs ?

GORGIAS – Nullement, Socrate, et tu me parais l’avoir bien défi’ car telle est bien sa tâche essentielle.

On apprendra, en lisant Le Phédon, que Socrate se montrera de persuader les juges de ne pas le condamner à mort. Cette ‘ sera décrite comme un refus volontaire de Socrate au nom ce supérieurs comme « la Justice ou le Bien ».

Contre la rhétorique, la dialectique est définie par Socrate co de l’âme pour s’élever aux principes supérieurs que consti le Juste et le Bien en soi. En ce sens, Socrate est bien le p:subordonné le discours à une volonté de Vérité : il est premier moraliste de l’histoire, un idéaliste et un malade, aussi dangereux que tous ceux qui condamnent ou juger.: les faits au nom de principes prétendument supérieurs On comprend alors toute la différence entre la dialectique alors que Socrate croit atteindre « la Vérité » grâce à la dialectique,celui qui use  de rhétorique prétend dire la vérité tout en n’y crcyr ou le sophiste qui use de rhétorique est un menteur des plus habiles,qui sait  utiliser tous les effets du discours pour provoquer l’adhésion, l’assentiment et la persuasion. La vérité, ou le sentiment d’être dans le vrai, ne sont pour le sophiste que des moyens pour faire adhérer les interlocuteurs à ses discours. Il sait utiliser les différentes fonctions du langage, expressive, émotive ou la plus précieuse de toutes : la fonction appellative qui consiste à provoquer chez les auditeurs un sentiment qu’il ne ressent pas lui-même. Il est facile de voir dans la rhétorique l’origine de toutes les formes de propagandes ou de déviances politiques ou idéologiques. Pourtant elle n’est peut-être que le résultat d’une excellence dans ¡’apprentissage de ce qu’est le langage en tant qu’outil de communication.

Le moralisme ou l’idéalisme dialectique de Socrate, qui croit véritablement en l’existence du Vrai et du Juste, semble contenir en lui-même un nombre de discours bien plus dangereux que celui de tous les menteurs ou de tous les artistes qui aiment déguiser la vie sous l’apparence qui leur convient.

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