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Le courant existentiel : Jaspers

Vous êtes ici : » » Le courant existentiel : Jaspers ; écrit le: 10 mai 2012 par chiraz

Le courant existentiel : Jaspers

Jaspers : penser l’existence

Né en Allemagne, Karl Jaspers (1883-1969) est profondément marqué dès son plus jeune âge par l’expérience de la maladie et par la lecture de Nietzsche. Il suit une formation médicale et psychiatrique, enseigne la psychopathologie, puis se tourne vers la philosophie. Sa grande œuvre, Philosophie (3 vol., 1932), expose une pensée centrée sur l’existence humaine et la liberté. Son parcours de professeur d’université est brisé par l’histoire : l’administration nazie lui retire le droit d’enseigner à Heidelberg. Après la guerre, il enseignera longtemps à l’université de Bâle. Grand ami de Hannah Arendt, avec laquelle il entretiendra une longue correspondance, il se penchera après la guerre sur les problèmes de son époque (La Culpabilité allemande, 1946, La Bombe atomique et l Avenir de l’humanité, 1958) : « Une philosophie montre ce qu’elle est en se manifestant dans sa pensée politique » (Origine et sens de l’histoire, 1949)


Les limites du savoir scientifique

L’analyse du savoir scientifique conduit à affirmer la primauté de la philosophie nouvellement comprise. En effet, la dualité abstraite entre la nature et l’esprit et la spécialisation qui émiette les connaissances scientifiques ne permettent pas dr penser l’unité de l’existence humain

Philosopher relève ainsi d’une exigence de vérité plus haute que le savoir scientifique factuel et partiel. Ce à quoi vise l’effort philosophique, c’est à penser la profondeur de l’existence sans renoncer ni à la raison ni au dialogue avec autrui. La philosophie existentielle de Jaspers élargit son approche jusqu’aux aspects les plus concrets de l’existence et cherche à « saisir la signification de ce que d’ordinaire on s’efforce de voiler ou d’ignorer ». La raison doit éclairer l’existence.

L’existence, une exigence de sens et de liberté

L’impossibilité d’une connaissance scientifique absolue de l’existence confère au dialogue avec autrui une importance particulière. Communiquer, c’est tout à la fois être en relation avec l’autre et mettre en commun notre raison pour élucider l’existence.

L’existence, dont la description prend chez Jaspers une tonalité tragique, s’identifie à une liberté engagée dans le monde, une liberté située. La situation réunit l’ensemble des circonstances dans lesquelles se trouve un individu existant. Elle n’est pas qu’un constat mais requiert aussi une interprétation qui confère un sens à la situation dans laquelle nous sommes plongés et qui envisage une action possible pour la modifier. Exister, c’est une tâche qui engage la liberté et la compréhension.

Les situations-limites, expériences fondamentales

Le concept de « situations-limites » (Grenzsituationen) possède une importance particulière pour penser l’existence.

Si nous dépouillons les situations biographiques et histori­ques de leurs aspects singuliers, nous décelons les expériences fondamentales que sont la possibilité de la mort, l’épreuve de la souffrance, la culpabilité, la communication. Au cœur de notre condition se révèle une dualité entre le fini et l’infini, l’être et le non-être, la transcendance et l’immanence. Entre précarité et transcendance, il nous faut éclairer le mystère de notre finitude.

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