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La revue de presse : La conception

Vous êtes ici : » » La revue de presse : La conception ; écrit le: 10 mars 2012 par chayma

La revue de presse : La conceptionEn ce qui concerne la conception d’une revue de presse, à partir d’une analyse de l’existant, les enquêtes apportent des éclairages sur la coexistence d’un modèle de base et de variantes. Elles aident aussi à mettre à jour la diversité des objectifs, explicites ou implicites, que souhaitent atteindre les concepteurs en promouvant ce support. Enfin, elles examinent la possibilité d’une corrélation entre les caractéristiques des acteurs ayant pris l’initiative de la création de la revue et l’orientation qui lui est donnée.

Le modèle de base, le journalisme et les variantes institutionnelles

Dans la majorité des cas, une revue de presse correspond à un modèle de base, c’est-à-dire un document, paraissant régulièrement, pour présenter une collection ordonnée d’articles qui proviennent de plusieurs sources. Ces articles composent un panorama – plus ou moins complet – de ce qui a été écrit durant une période déterminée sur une organisation ou une personnalité, ou encore sur des sujets intéressant ces dernières. De fait, cet instrument de communication se situe à la croisée du journalisme et de la documentation. Les points de jonction sont essentiellement constitués par la sélection et le traitement de l’information.

Ce modèle de base se distingue de la revue de presse en tant que pratique journalistique. Référons-nous d’abord à la revue de presse la plus populaire, celle que nous pouvons entendre le matin à la radio. Elle se caractérise par le fait qu’elle est « un art du montage » de citations, intégrées au discours d’un journaliste qui, avec son style, produit à son tour un texte personnel et original, comportant des éléments d’analyse. Or, dans les revues de presse institutionnelles, 0n attend plutôt une standardisation du document et un effacement du concepteur. La difficulté consiste alors à ne pas diffuser un document qu’on n’a pas envie de lire. Autre point de référence, la revue de presse à la télévision. Généralement programmée le matin, elle constitue un élément du dispositif stratégique de la chaîne concernée pour maintenir ou augmenter son audience. Il s’ensuit un certain nombre de tensions entre les objectifs et la mise en œuvre. Ainsi, une analyse de la revue de presse de France 2 montre-t- elle que si l’objectif est de fournir de l’information, le journaliste et l’animateur proposent aussi un récit plus ou moins fictionnel sur l’information. Ceux-ci incitent à lire la presse, mais ils cherchent également à développer la confiance à l’égard de l’information télévisuelle. Et s’ils peuvent transmettre un savoir sur l’information, ils font en sorte que le téléspectateur demeure au contact de l’univers télévisuel. Du reste, le téléspectateur se voit impliqué dans un jeu autoréférentiel et auto-promotionnel des médias. Toutes ces caractéristiques tranchent avec ce qui se passe dans les administrations ou les entreprises : les concepteurs de la revue de presse lui assignent un caractère plus opérationnel comme vous le découvrirez plus loin. Enfin, la presse écrite : quand la revue de presse est présente, c’est davantage dans des publications spécialisées que dans des publications généralistes. Il s’agit souvent d’une « revue des revues » juxtaposant de courts extraits ou des résumés très synthétiques. Sous cet angle, elle s’écarte du commentaire ou de la comparaison entre articles que l’on trouve en règle générale dans les médias audiovisuels. Pour sa part, la revue de presse institutionnelle privilégie la reproduction d’articles complets.

Le modèle de base est encore à distinguer de documents approchants réalisés par des entreprises ou des institutions, qui sont autant de variantes. Dans le secteur de la communication institutionnelle, l’expression « revue de presse » sert ainsi à désigner des documents qui diffèrent de celui-ci sur certains aspects, au point d’ailleurs qu’elle est parfois en concurrence avec d’autres appellations. Les différences provoquant des fluctuations d’appellation peuvent tenir à des facteurs temporels : nommé « dossier de presse », ce genre de revue se caractérise par sa diffusion ponctuelle en raison de circonstances particulières (grèves dans l’entreprise, changement dans une réglementation…) ; du reste, ce dossier est à distinguer du « dossier de presse » remis à des journalistes. Sous l’étiquette « press-book », la revue de presse a pour fonction de constituer la mémoire d’une organisation pour une période déterminée (par exemple, un press-book rassemble tous les articles concernant l’action d’un préfet, pour lui être remis lors de son départ). Semblables catégorisations émanant des enquêtés ne sont d’ailleurs pas très éloignées de celles que l’on peut trouver dans des manuels de communication. La singularité peut tenir également à la nature des sources utilisées : de rares entreprises ou administrations produisent des revues de presse à partir de sources radiophoniques ou télévisuelles ; rareté encore, lors­qu’il s’agit d’intégrer sur un réseau interne des informations disponibles sur l’Internet. Cependant, cette dernière solution est amenée à se répandre.

Face à cette diversité des pratiques, si vous avez à créer une revue de presse, vous devez donc déterminer le type de revue de presse qui correspond à votre situation. Mais, quel que soit votre choix, l’ouvrage vous livrera des conseils s’appliquant à tous les cas de figure, et vous indiquera comment procéder afin de bâtir un document fondé sur un véritable projet éditorial. Celui-ci est notamment sous-tendu par les objectifs que l’on assigne au document.

Les objectifs : entre information et management

À quoi peut servir une revue de presse ? Dans les entretiens que nous avons menés, cinq objectifs principaux sont fréquemment avancés pour expliquer sa création. Ils oscillent entre des préoccupations informatives :

  • être informé de l’essentiel ou de l’actualité liée aux activités de l’organisation ;
  • pouvoir lire rapidement cet essentiel ;

et des préoccupations managériales :

  • connaître et maîtriser des informations (y compris sur des structures voisines ou concurrentes) pour orienter ou accélérer

des changements (comme mettre au point de nouveaux produits ou de nouvelles procédures) ;

  • manifester des compétences professionnelles (par exemple, celle des attachés de presse) ou institutionnelles, en diffusant des articles à l’interne, mais aussi parfois à l’externe (la reconnaissance par les médias est un puissant instrument de légitimation) ;
  • construire la mémoire d’une organisation (les revues de presse sont archivées et indexées à l’aide de mots clés).

Plus occasionnellement, sont mis en évidence d’autres objectifs qui n’en sont pas moins importants. Ils peuvent être d’ordre pratique, comme diffuser l’information à un coût avantageux par rapport au nombre élevé d’abonnements qui seraient nécessaires. Les objectifs relèvent quelquefois de la gestion de- personnel : dans une entreprise ayant de nombreuses agences à l’étranger, elle doit permettre aux salariés qui y travaillent ou qui y font escale de maintenir un lien avec la France ; un autre enquêté nous a indiqué que la revue de presse était faite pour que les employés soient évidemment informés de la vie de leur entreprise, mais aussi pour qu’ils ne lisent pas les journaux pendant leurs heures de travail, en particulier les rubriques consacrées à « l’horoscope ou aux résultats sportifs » !

Mais au-delà de ces considérations quelque peu triviales, des responsables insistent sur des objectifs d’ordre stratégique : la revue de presse permet d’avoir une vue d’ensemble de l’image de l’entreprise ou de l’administration véhiculée par les médias. Si quelque chose ne va pas dans l’image publique, c’est grâce à la revue de presse que l’on en perçoit l’un des premiers signaux. Ou bien encore dans le cadre d’une évaluation des relations avec la presse, elle permet de vérifier l’exactitude de l’information transmise par les médias et, le cas échéant, de la rectifier. Au demeurant, plusieurs responsables de communication estiment que les journalistes savent qu’ils sont lus avec attention… et en tirent les conclusions lorsqu’ils rédigent. Il s’agit de l’une des facettes de ce que l’on appelle le journalisme de connivence. Enfin, avec le sociologue Patrick Champagne, on notera que la dimension stratégique concerne, outre les dirigeants d’entreprises ou de services publics, une pluralité d’acteurs quand il observe que « la revue de presse risque, parce qu’elle fournit souvent des informations irremplaçables, de faire oublier qu’elle résulte, presque toujours, de stratégies de groupes sociaux visant à mobiliser l’attention des journalistes et à susciter précisément de larges recensions dans les médias. On peut dire, sans forcer l’expression, que le lieu réel où se déroulent aujourd’hui les manifestations est moins la rue que les premières pages des journaux et les écrans de télévision qu’il s’agit d’occuper ».

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