Aristote La nature du politique

> > Aristote La nature du politique ; écrit le: 30 avril 2012 par imen

Réalisme et empirisme font plus que rage idéaliste

Aristote ne cherche pas la théorie de l’État idéal, il cherche à comprendre et si possible à améliorer les États existants.

Pour cela, il avait recueilli 158 constitutions de Cité ou d’États, comme matériel expérimental pour une philosophie politique. Les régimes politiques sont observés et disséqués comme des êtres vivants, par ce que nous appellerions une analyse fonctionnelle et comparative.

Rien de plus naturel

Pour Aristote, l’homme est par nature un être politique, c’est-à-dire destiné à construire son bonheur dans une société, une Cité (polis en grec). Le bonheur est la fin (le but) de la Cité, et comme toute autre chose le politique doit se comprendre à partir de sa fin.

L’amitié est naturelle entre les hommes, il y a entre eux un lien naturel d’affection, qui les pousse naturellement à la communauté. L’attirance naturelle entre mâle et femelle fait le reste.

La cellule familiale, structure économique et administrative naturelle, élargie aux serviteurs et aux esclaves, est à l’origine de la Cité, c’est- à-dire de l’État, qui regroupe de nombreuses cellules familiales.

Invention de l’économie

Aristote distingue deux sortes d’économies, qu’on pourrait appeler écologique et capitalistique :

. L’une saine, permet la subsistance et le confort de tous, les biens ne sont échangés que pour cet objectif de valeur d’usage, et la fin dernière demeure le bonheur

.  l’aure   malsaine, vise l’enrichissement en lui-même. À l’évidence l’accumulation de monnaie est une tâche absurde qui peut se poursuivre à l’infini, elle n’a rien d’une fin naturelle, ont pourtant les échanges qui font la cohésion de la Cité, et , S t ou un équivalent abstrait quelconque, est indispensable à ^échange, selon une analyse brillante d’Aristote : le médecin n’a rien a échanger avec un autre médecin, mais avec un cultivateur par exemple- L’échange suppose à la fois des biens de nature différente et une mesure commune.

La justice et la loi

Nécessairement composée d’êtres différents, la Cité suppose donc aussi des règles communes de justice, une loi. Pour que l’État soit stable, il faut que chacun des acteurs ait le sentiment de n’y être pas victime d’injustice.

La justice distributive s’occupe de la répartition des biens. Son principe n’est pas que chacun possède la même chose que les autres, mais que chacun possède selon son mérite (ou par exemple reçoive proportionnellement à ce qu’il vend).

La justice réparatrice s’occupe de réparer les équilibres rompus, par exemple par un vol.

La justice comme équilibre, dans son ensemble, n’est possible que lorsqu’une loi est fixée, qui établit les rapports de juste proportionnalité.

Les règles de cette loi peuvent varier selon les Cités, chacune cherche de son mieux la meilleure constitution (monarchie, démocratie…). Mais ce n’est pas parce qu’elle est instituée par les hommes que la loi est arbitraire, au contraire : elle représente la raison, elle tend à la ferrie objectivité que la connaissance. En dernière analyse, le Pouvoir de la loi est celui de la raison.

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