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La conscience:conscience et identité

Vous êtes ici : » » La conscience:conscience et identité ; écrit le: 23 mai 2012 par imen

La conscience:conscience et identité

L’étre et le Néant

La conscience apparaît donc à la fois comme un pouvoir d’affirmation et de négation, parfois même de « néantisation ». Et il est possible en étudiant ce pouvoir non pas de définir l’homme mais de comprendre peut-être mieux ce que masquent et ce que dévoilent chaque conscience chaque existence. Comprendre l’homme en tant qu’individu doué de conscience suppose de distinguer en lui deux façons d’êtres. Ces deux maniérés d’être que certains appellent « moi privé » et « moi social » et que Sartre reinvente, prolonge et précise en parlant « d’être en soi » et « d être pour soi », renvoient à l’existence de chacun se sentant à la fois determine et pourtant libre. « L’être en soi » désigne la façon dont chacun apparaît déterminé par son passe, ses actes, son milieu et renvoie à la difficulté d’échapper aux contraintes sociales, physiologiques ou psychologiques. « L’être pour soi »désigne au contraire le pouvoir de la conscience sur l’être ; c’est-à-dire la possibilité pour chacun en tant qu’il est doué de conscience de réfléchir sur soi, les autres et le monde, et ainsi échapper à ses déterminations et pouvoir à chaque instant se déterminer autrement. Ce pouvoir de la conscience s’appelle donc liberté.

Cette conscience, synonyme de liberté, ne peut justement pas définir l’homme, puisque être libre, c’est pouvoir toujours être autre. Et chaque conscience est impénétrable, invisible aux autres dans ses intentions et ses désirs, justement parce qu’elle est synonyme de liberté. La liberté survit souvent dans l’intime et le non dévoilé.


Être libre et pouvoir ainsi sans cesse renvoyer au néant ce que j’ai été. Être conscient et pouvoir anéantir les déterminations et les influences en choisissant d’exister autrement. Exister, et avoir conscience infiniment de n’être jamais totalement déterminé ou contraint par tout ce qui pèse sur moi. Être humain et me placer sans cesse entre l’être et le néant.

À l’extrême, cela consiste à devenir totalement responsable et sans excuses face à ses choix, ses actes et son histoire.1 Mais la plupart, par paresse et lâcheté, préfèrent à cette liberté vertigineuse une « mauvaise foi » rassurante qui consiste à affirmer que je ne suis que cet « être en soi » déterminé par son milieu, son histoire, ses devoirs – et ainsi pouvoir s’enfermer dans l’illusion et l’excuse de « l’ordre des choses », ou du « c’est comme ça, j’y peux rien ». Cette majorité n’aime pas savoir que tout peut toujours changer et préfère le plus souvent le confort à la liberté – et même dans la passion.

Sartre, L’existentialisme est un humanisme, 1946

« L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir L’homme est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence, l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait^Tel est le premier principe de l’existentialisme. C’est aussi ce qu’on appelle la subjectivité, et que l’on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l’homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l’homme existe d’abord, c’est-à-dire que l’homme est d’abord

ce qu, se lette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans I avenir. L homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement au lieu d être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n’existe préalablement a ce projet ; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d abord ce qu il aura projeté d’être. […].

Ce que les gens veulent, c’est qu’on naisse lâche ou héros. […] Et au fond, c est cela que les gens souhaitent penser : si vous naissez lâches vous serez parfaitement tranquilles, vous n’y pouvez rien, vous serez lâches toute votre vie, quoi que vous fassiez ; si vous naissez héros vous serez aussi parfaitement tranquilles, vous serez héros toute votre vie, vous boirez comme un héros, vous mangerez comme un héros Ce que dit I existentialiste, c’est que le lâche se fait lâche, que le héros se fait héros ; il y a toujours une possibilité pour le lâche de ne plus être lâche, et pour le héros de cesser d’être un héros. Ce qui compte c est engagement total, et ce n’est pas un cas particulier, une action particulière, qui vous engagent totalement. »

Si ces quelques lignes en ont irrité beaucoup et vous mettent peut-être mal a aise, c est avant tout parce quelles dévoilent différentes façons habituellement admises d’echapper à ses responsabilités. Être de mauvaise oi consiste alors a ne pas assumer, non pas la part d’engagement, mais engagement total que suppose chacun des actes que nous décidons en toute conscience, d’accomplir. Être lâche, en ce sens, est le toujours le résultat d un choix (par rapport à des événements) et non pas comme la majorité aimerait le croire le résultat de circonstances ou de forces invisibles comme le temperament ou l’inconscient : « le lâche se fait lâche (et ) il y a toujours une possibilité pour le lâche de ne plus être lâche,, Et c’est finalement reduire a néant le pouvoir que confère à chacun la conscience que de lui chercher sans cesse de fausses excuses.

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