Leibniz Contre les Anglais

> > Leibniz Contre les Anglais ; écrit le: 2 mai 2012 par imen modifié le 6 juillet 2018

Leibniz s’oppose au nouvel esprit’ empiriste qui provient d’Angleterre mais pas pour contredire seulement! toujours pour intégrer et réconcilier] Il s’efforce de dire, en toute rigueur métaphysique, ce que la physique et la psychologie britanniques, naissantes, formulent en termes anti­métaphysiques.

Contre l’expérimentalisme de Bacon

Leibniz a été influencé dans sa jeunesse par les écoles mécanisteset matérialistes, il a d’abord été atomiste. C’est en cherchant à para­chever cette vision du monde inspirée par les successeurs de Bacon qu’il constate la nécessité d’une approche métaphysique de la physique. Les principes de la connaissance de la nature sont de nature spirituelle et non matérielle, de l’ordre de l’essence et de l’origine radicale des choses, comme il l’écrit, et pas de l’ordre d’une simple constatation méthodique et expérimentale des données physiques.

Contre la physique de Newton

Une mauvaise querelle avec les newtoniens empoisonne la vie de Leibniz, sur l’invention du calcul infinitésimal. Les deux géniaux mathématiciens l’ont en effet, nous en sommes aujourd’hui convaincus, inventé en même temps et sans communiquer ni copier l’un sur l’autre. Mais ce n’est pas le plus important.

Leibniz refuse radicalement l’univers newtonien, celui de la matière en mouvement dans l’espace et le temps. Ce sont les substances individuelles, les « monades », qui existent, affirme Leibniz et pas ces récipients universels sortis d’on ne sait où que sont le temps et l’espace newtoniens, simples mathématisations de l’espace et du temps « vnlnairoc «réceptacles d’objets .A la rigueur métaphysique,la série d’états que déroule,en autonomie ,chaque substance existante,produit une temporalité : le temps n’est que l’ordre des états simultanés des substances.

Contre la psychologie de Locke

WLgnsations simples de la psychologie empirique, que John Locke se à la métaphysique, sont une fiction. Rien n’est simple et uni, ° le monde leibnizien, tout est infiniment complexe et dense, continu et plein. Ainsi la perception : elle est composée d’une infinité de petites perceptions, qui nous échappent en tant que telles, mais composent par leur sommation infi­nitésimale la perception dont nous prenons conscience. Le bruit de la vague qui déferle est composé par la sommation d’une immense quantité de bruits de gouttes d’eau, indivi­duels et imperceptibles. Rien n’est simple non plus dans la conscience,dans l’affectivité, dans l’esthétique, à cause de cette incessante et infinie computation de petites perceptions.

La perception est un événement spirituel et métaphysique, inexpli­cable par des données mécaniques, ou un « mécanisme psycholo­gique ». C’est l’esprit comme pôle d’unité spirituelle qui permet de comprendre la conscience et ses perceptions, pas des mécanismes se poussant les uns les autres.

Pourquoi tant de génie ?

Qui a raison ? Ce n’est pas le problème.

Leibniz est un génie parce que c’est un créateur de métaphysique, il Pense un monde que nul avant lui n’avait même imaginé, avec une cohérence et une unité de style qui forcent le respect. Ce chef- d œuvre métaphysique ne meurt pas avec son auteur, aucune des Métaphysiques classiques n’est morte. Même si nous sommes auJ°urd’hui plutôt du côté de Bacon, de Newton et de Locke, notre CaPacité à penser des mondes nouveaux se régénère au contact d’un 9énie comme Leibniz.

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