Satan : Les mythes humanitaires de l’abbé Constant

> > Satan : Les mythes humanitaires de l’abbé Constant ; écrit le: 26 janvier 2012 par Hela

Cette perspective dans laquelle le mythe de la fin de Satan s’insère aisément, pour la couronner, sera celle de l’utopisme des années 1840-1848 : grâce au socialisme, sous ses formes diverses, l’humanité va sortir de l’ère de la violence et de l’oppression ; les luttes des hommes entre eux, qui constituent l’histoire, seront remplacées par la lutte de l’humanité unie contre les forces de la nature, bientôt ramenées au service des hommes. C’est cette fin de l’histoire, comme histoire d’une humanité divisée et en lutte contre elle-même, que figurera le mythe de la fin de Satan. On ne s’étonnera donc pas de le voir se développer chez un utopiste tel qu’Alphonse-Louis Constant (119, 182). Séminariste, son mariage forcé avec une de ses élèves, puis sa conversion, avec son ami Esquiros, aux idées d’extrême-gauche, à dominante fouriériste, l’éloigne de l’Église ; après 1848, déçu, l’ex-abbé se rallie à l’Empire et trouve refuge dans la magie, où il fait une seconde carrière, sous le nom d’Éliphas Lévi. L’œuvre abondante de ce polygraphe sans talent fournit l’exemple le plus typique de l’idéologie utopiste à la veille de Quarante-Huit et de la mythologie qu’elle peut développer. Le titre même de son premier ouvrage est significatif; en 1841, L’Assomption de la Femme ou le Livre d’amour témoigne de ce féminisme qui est une pièce essentielle du socialisme. L’humanité sera sauvée par l’amour de l’homme et de la femme et l’abbé, faisant retraite à Solesmes, a découvert cette vérité par la lecture conjointe de M

← Article précédent: Satan : L’Idaméel d’Alexandre Soumet Article suivant: La fin de Satan selon Victor Hugo


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles de tout le site