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Les mythographes

Vous êtes ici : » » Les mythographes ; écrit le: 26 janvier 2012 par Hela

Les mythographesDans le domaine de l’interprétation des mythes (80), du moins, le XVIe siècle a suivi les voies tracées au Moyen Âge et déjà indiquées par Cicéron dans le De natura Deorum. On s’en tient aux trois systèmes suivants :

–    les mythes transposent des faits historiques, et les dieux sont de grands hommes que la reconnaissance et l’admiration ont élevés au rang d’immor­tels ; c’est le système d’Evhémère ;


–     les mythes représentent les luttes et combinaisons des éléments de la nature ; les dieux sont des symboles cosmiques ; les Stoïciens, surtout, s’étaient attachés à ce type d’explication ;

–    les mythes, enfin, symbolisent des idées morales et philosophiques ; les dieux sont des allégories ; les néo-platoniciens ont donné à ce système les proportions et les perspectives les plus vastes.

L’évhémérisme a permis aux érudits du Moyen Age d’accorder l’histoire gréco-latine avec l’histoire sainte ; il convient encore aux clercs soucieux, dès l’époque mérovingienne, d’illustrer les origines franques, en inventant la fable du Troyen Francus, fondateur de notre race ; cette légende jouit d’une vive faveur pendant le Moyen Age et s’épanouit, au XVIe siècle, dans la grande œuvre de Lemaire de Beiges, Les Illustrations de Gaule et Singularitez de Troye, et dans La Franciade de Ronsard. La tradition physique fut renforcée par la vogue durable de l’astrologie, qui fit survivre, de façon particulière­ment vivace, les dieux attachés aux planètes. La tradition morale s’était donné carrière, au début du XIVe siècle, dans l’immense poème de VOvide moralisé ; elle connut une belle fortune parmi les humanistes, en particulier auprès de ceux qui s’inspiraient du néo-platonisme, comme Marsile Ficin ; l’allégorisme leur permettait de concilier le christianisme et le paganisme ; il répondait encore à un goût dont témoigne le succès des Emblèmes d’Alciat, publiés en1531.

L’allégorisme tient aussi une bonne place dans l’ouvrage qui constitue le principal chaînon entre le Moyen Age et la Renaissance, le De Genealogia Deorum de Boccace. Ce sera un répertoire inépuisable ; la science de Boccace est riche et composite ; il cite, par exemple, un mystérieux Théodontius, à qui il doit Démogorgon, un dieu que l’Antiquité ignora, mais qui va faire dans les arts et les lettres une carrière prestigieuse : si les Grecs ne le connurent point, il s’est revanché en jouant un rôle de premier plan dans le Prometheus unbound (Prométhée délivré) de Shelley ! Bien hétéroclites aussi seront les trois manuels de mythologie les plus importants au XVIe siècle : L’Histoire des Dieux de Gyraldi (1548), La Mythologie de Natale Conti – Noël Comte ou des Comtes, comme traduisent nos auteurs (1551) -, et Les Images des dieux de Vincenzo Cartari (1556). Les trois systèmes traditionnels y sont juxtaposés.

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