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Le sens de la guerre : Les partisans de la guerre

Vous êtes ici : » » Le sens de la guerre : Les partisans de la guerre ; écrit le: 28 janvier 2014 par imen

Les partisans de la guerre préventive peuvent également pré­senter des arguments empiriques, tirés de l’expérience passée. Tous les historiens s’accordent à reconnaître qu’une intervention militaire opposée à Hitler dès 1935 au moment de la remilitari­sation de la rive gauche du Rhin (interdite par le traité de Ver­sailles) eût pu arrêter le processus catastrophique qui finale­ment conduira à la guerre mondiale (et à l’extermination des Juifs, qui en est inséparable). L’idée de guerre préventive consi­dérée sous l’angle de cette rétrospective historique n’est donc pas opposée à la raison. On ne voit que trop bien, en revanche, com­ment cette idée peut servir à une puissance hégémonique de justification a priori pour la sauvegarde de ses intérêts particu­liers. De plus, une absence d’événement ne peut jamais servir à légitimer après coup une politique puisque par définition cette absence ne peut pas être prouvée.

On comprend que la thématique de la guerre juste ait pu dé­river vers une rhétorique de justification de la Realpolitik. Mais en a-t-il jamais été autrement ? Comme l’a montré Michael Walzer dans son ouvrage Guerres justes et injustes, il serait abusif de renoncer à l’idée de guerre juste sous prétexte qu’elle a pu être utilisée à des fins contraires à son esprit par des diri­geants trop bien intéressés. Renoncera-t-on à dire la vérité sous prétexte que des sophistes mentent en donnant à leurs argu­ments l’apparence de la vérité ?

Cela dit, le droit international ne reconnaît ni le droit d’ingé­rence ni la légitimité de la guerre préventive. La Charte des Nations unies – dont la première finalité, rappelons-le, est l’établissement de la paix mondiale – fixe des limites étroites au recours à la guerre. Les États n’ont le droit d’utiliser la force qu’en cas de légitime défense ou d’agression. L’ONU est suppo­sée régler pacifiquement les différends internationaux. En cas d’échec, seule une décision motivée du Conseil de sécurité peu! légitimer l’emploi de la force.

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