Les différents procédés littéraires

Les différents procédés littéraires sont les moyens d’écriture qu’un auteur emploie pour donner à son texte plus de force, de beauté ou de sens. Les plus connus sont les figures de style : du latin figura, « forme, figure », ce sont des façons de s’exprimer qui s’écartent de l’usage ordinaire de la langue pour produire un effet particulier sur le lecteur. Savoir les reconnaître et surtout en expliquer l’effet est au cœur du commentaire de texte.
Les figures d’analogie
Elles rapprochent deux réalités pour mieux faire voir l’une par l’autre :
- la comparaison établit le rapprochement à l’aide d’un outil (comme, tel, pareil à…) : « La terre est bleue comme une orange » (Paul Éluard) ;
- la métaphore fait le même rapprochement sans outil de comparaison : « un océan de tristesse » ;
- la personnification prête des traits humains à un objet, un animal ou une idée ;
- l’allégorie représente une idée abstraite sous une forme concrète, comme la Justice figurée par une femme tenant une balance.
Les figures de substitution
- la métonymie désigne une chose par une autre qui lui est liée : « boire un verre » (le contenant pour le contenu) ;
- la synecdoque, forme de métonymie, prend la partie pour le tout : « une voile à l’horizon » pour un bateau ;
- la périphrase remplace un mot par une expression qui le définit : « la Ville lumière » pour Paris.
Les figures d’insistance et d’atténuation
- l’hyperbole exagère pour frapper les esprits : « mourir de rire » ;
- la gradation enchaîne des termes d’intensité croissante ou décroissante ;
- l’anaphore répète un mot ou une expression en tête de phrases ou de vers ;
- la litote dit moins pour suggérer plus : « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid) ;
- l’euphémisme adoucit une réalité pénible : « il nous a quittés » pour « il est mort ».
Les figures d’opposition et de construction
- l’antithèse rapproche deux idées opposées dans une même phrase ;
- l’oxymore unit deux termes contradictoires dans un même groupe : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid) ;
- le chiasme dispose les éléments en miroir (ABBA) : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » ;
- l’ironie dit le contraire de ce que l’on pense pour le faire entendre.
Les procédés sonores et les autres outils d’analyse
La poésie joue aussi sur les sons : l’allitération répète des consonnes, comme dans le vers de Racine « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Andromaque), et l’assonance répète des voyelles. Au-delà des figures, l’analyse d’un texte s’appuie sur d’autres procédés : le choix du point de vue (ou focalisation), les registres (comique, tragique, lyrique, épique…), le rythme des phrases, le lexique et les temps verbaux.
Repérer une figure ne suffit pas : il faut toujours dire ce qu’elle produit, émotion, insistance, image, ironie, et comment elle sert le sens du texte.

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