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La lecture vigilante : L’écrémage

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La lecture vigilante : L’écrémage
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Pour construire une bonne revue de presse, la lecture intégrale des articles est inutile et d’ailleurs impossible pour des raisons de temps.

En revanche, l’écrémage constitue une technique de lecture sélective qui permet d’aller vite à l’essentiel, aux informations nouvelles, importantes et intéressantes dans un texte dont on ne connaît pas le contenu, mais dont un premier survol a permis de cerner les caractéristiques.

Cette technique s’avère profitable chaque fois que vous aurez besoin d’entrer plus avant dans un article, soit pour décider si vous le conservez ou pas, soit pour en isoler un passage particulièrement important, soit encore dans tous les cas où vous souhaitez donner une trace de son message essentiel ou des informations plus particulièrement utiles à votre destinataire sous une forme rédigée.

Comment vous y prendre ?

Vous vous appuierez évidemment sur les aides visuelles évoquées plus haut, mais vous les compléterez par l’attention portée aux extrémités du texte.

N’oubliez pas que nous restons toujours dans la même logique, où l’important est d’échapper à la structure linéaire du texte pour le transformer en une surface que vous pourrez parcourir dans tous les sens pour y identifier rapidement les informations pertinentes.

Un principe de base : dans un texte n’importe quel texte les informations les plus importantes figurent au début et/ou à la fin.

A la fin, plutôt dans les textes classiques, de type oratoire, universitaire ou encore administratif.

Du point de vue du rédacteur, cette démarche consiste le plus souvent à indiquer le cadre de référence au début, à partir d’éléments historiques jugées indispensables et à adopter un parcours régi par la « règle » dite de l’intérêt croissant : surtout ne pas dire trop de choses importantes tout de suite, ne serait- ce que parce qu’il faut commencer par poser des fondations sérieuses.

Et comment le lecteur lirait-il jusqu’au bout si on lui donnait trop rapidement le point d’arrivée du raisonnement ? D’où la préoccupation d’une soigneuse gradation : on part du plus simple ou du plus banal, pour arriver aux informations ou aux idées les plus originales, les plus fortes à la fin du texte.

Sans toujours rejeter en bloc la démarche précédente, le mode de présentation journalistique préfère donner la plus grande part de l’information utile au lecteur dès le début.

Il s’agit d’éviter au lecteur toute perte de temps, et on lui donne donc l’essentiel, dans le titre déjà, mais de manière plus substantielle dans le chapeau ou dans Y accroche qui tient lieu de très court chapeau dans beaucoup de journaux.

L’accroche ressemble plutôt à un long sous-titre (voir plus haut), alors que le chapeau – que les journalistes écrivent souvent « chapô » – est constitué par un véritable paragraphe ; c’est indiscutablement du texte, même si le corps et la force typographiques changent, de même parfois que la justification ; ce paragraphe donne, sous une forme très synthétique, le « message essentiel » de l’article : une aide bien précieuse pour le lecteur !

Dans le même esprit, le journaliste n’aime pas beaucoup les présentations de type chronologique, où l’on part du début pour parvenir à la fin du texte à l’état actuel de la question : tout simplement, parce que cet aboutissement représente, la plupart du temps, ce qui intéressera le plus le lecteur.

Le journaliste part donc de l’actualité et remonte vers le passé, autant que nécessaire pour éclairer la situation présente. De même, il indique les axes principaux avant de donner les détails, les conclusions ou les décisions avant leur argumentation, les réponses avant leur justification.

La démarche journalistique porte le nom familier de « pyramide inversée », pour suggérer que l’essentiel est donné au début, et que l’intérêt du texte est censé diminuer à mesure que l’on avance. Tout cela par opposition au plan traditionnel, où le socle de la pyramide représente la conclusion riche et substantielle à laquelle on finit par parvenir.

Mais n’oubliez jamais que cette opposition est un peu schématique, et que les deux modes de structuration ne s’opposent jamais aussi fortement que nous venons de le suggérer : ainsi, après avoir donné le message essentiel dans le chapeau, rien n’interdit au rédacteur de suivre une démarche beaucoup plus classique si la logique de son propos l’exige.

Par ailleurs, la « pointe » de la pyramide inversée n’existe guère dans la pratique : souvent, le journaliste termine par le « verrouillage », qui consiste à fermer son texte sur un rappel total ou plus souvent partiel – de son message essentiel.

Pour vous, une seule conclusion s’impose : dans l’approche des articles, privilégiez les extrémités : le début certes, au nom du principe de la pyramide inversée, mais aussi la fin. Et n’oubliez pas que ce qui est vrai de l’ensemble du texte est valable aussi pour ses subdivisions : ainsi, on a plus de chance de trouver des informations intéressantes en début et fin de paragraphe par exemple.

Un survol idéal du texte pourrait donc consister à passer du début à la fin du texte, du début à la fin des sous-parties, du début à la fin des différents paragraphes…

Vous pourrez enrichir ce survol de la manière suivante : complétez-le par un bilan précis des informations utiles auxquelles vous pouvez vous attendre, anticipez celles-ci les au moyen de deux ou trois questions que vous posez explicitement et auxquelles vous chercherez une réponse.

Reprenez alors le texte et balayez-le méthodiquement en utilisant une diagonale plus ou moins ouverte, qui peut devenir horizontale sur les passages les plus intéressants.

Vous serez particulièrement sensibles aux indices que représentent les aspérités typographiques, les mots outils logiques et vous chercherez à identifier les phrases clés, qui portent ou résument le sens.

Comme nous l’avons déjà indiqué, vous privilégierez la lecture des débuts et fins de paragraphes, avec balayage rapide du milieu.

En fin de parcours, faites le bilan et décidez de l’usage de l’article.

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